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Si cette année, la Marche des Fiertés, un événement phare de la campagne d’ECPM « La peine de mort est homophobe », est repoussée à une date ultérieure, l’association tenait tout de même à faire de ce mois de juin un mois militant pour les droits des personnes LGBT+. Nous vous réservons un lot d’activités variées, à commencer par un concours de slogan faisant appel à votre créativité !

Notre campagne « La peine de mort est homophobe » fait peau neuve ! Vous voulez nous aider en y ajoutant votre patte créative ? Notre concours de slogans est ouvert à tous, et permettra de déterminer le nouveau slogan qui représentera le combat d’ECPM pour les droits des personnes LGBT. 

Envoyez-nous une (ou plusieurs) idées, de beaux lots sont à gagner ! Vous trouverez toutes les modalités en cliquant sur ce lien, et plus d’informations pour vous inspirer ci-dessous.

ECPM à la Marche des Fiertés, 2019
ECPM à la Marche des Fiertés, 2019

Voir les modalités du concours

ECPM, engagé lors du mois des fiertés

Le mois de juin a été institutionnalisé « Pride Month » outre-Atlantique, c’est le « Mois des Fiertés » en France, avec plusieurs marches organisées en l’honneur des gays, lesbiennes, bisexuels et personnes transgenres, comme la Marche des Fiertés à laquelle ECPM participe depuis 16 ans.

12 pays condamnent à mort les LGBT+


Carte, la peine de mort est homophobe

En Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, les législations continuent de réprimer l’homosexualité. On risque la peine de mort dans 12 pays : Afghanistan, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Qatar, Nigeria, Pakistan, Soudan, Somalie, Yémen et Brunei. En avril dernier, Brunei est devenu le 12e pays à condamner à mort l’homosexualité. Malgré les annonces faites par le sultan Hassanal Bolkiahnon, les condamnations ne sont pas suspendues. Au contraire, elles sont inscrites dans le code pénal appliquant la charia la plus stricte.

À défaut de la peine de mort, c’est la prison qui est encourue, comme en Tunisie ou au Liban, ou encore des coups de bâtons comme en Malaisie, ou à Singapour. Les relations homosexuelles sont illégales dans 61 pays du monde.

L’Afrique est le continent le plus en proie à la pénalisation des relations homosexuelles. L’Ouganda a, à de nombreuses reprises, essayé de rétablir la peine capitale pour les relations entre même sexe. En Gambie, l’ancien président Yahia Jammeh avait adressé en 2008 un ultimatum aux personnes homosexuelles : 24 heures pour quitter le pays ou la décapitation.

La difficile estimation du nombre d’exécutions 

Estimer le nombre d’exécutions pour motif d’homosexualité est difficile. Nombreuses sont les exécutions de personnes homosexuelles qui sont camouflées derrière d’autres chefs d’incriminations, comme par exemple, le trafic de drogue en Iran.

« La peine de mort est homophobe », la campagne menée par ECPM

Pour que l’homophobie d’Etat ne tue plus, ECPM mène depuis des années la campagne : « la peine de mort est homophobe ».

Notre campagne : 

  • Dénonce les discriminations sexuelles,
  • Exhorte les pays à dépénaliser l’homosexualité 
  • Dénonce les législations ouvertement homophobes comme l’Ouganda qui, a plusieurs fois, souhaité le rétablissement de la peine de mort pour le crime de souillure aggravée.
  • Appelle tous les pays à respecter la liberté sexuelle de chacun

Pour aller plus loin : 


Flyer: La peine de mort est homophobe

Flyer: La peine de mort est homophobe


Nos campagnes

Nos campagnes

Comme chaque année, et comme toute association qui se respecte, ECPM publie son rapport d’activités. L’occasion de revenir sur une année 2019 riche en actions, réussites et perspectives pour ECPM.



Fédérer

ECPM plus que jamais poursuit son combat en fédérant la communauté abolitionniste. Le grand temps fort de cette année fut bien sûr la tenue du 7e Congrès mondial contre la peine de mort, organisé du 26 février au 1er mars à Bruxelles. Plus grand événement abolitionniste mondial, il a rassemblé près de 1 500 participants, dont des centaines d’acteurs majeurs du mouvement : ministres, parlementaires, avocats, magistrats, ONG, journalistes et militants.

Renforcer

ECPM a renforcé la communauté abolitionniste, en tenant un rôle de premier plan dans le processus abolitionniste au Tchad. Soutien qui a abouti à l’adoption d’une loi abolissant la peine de mort pour les actes de terrorisme, dernier pas franchi pour acter l’abolition totale dans le pays.

Plaidoyer

Diplomatie discrète, mobilisation des médias, production de rapports, d’instruments internationaux… ECPM a renforcé ses capacités de plaidoyer auprès de ses partenaires. En 2019, ECPM et ses partenaires ont mené des enquêtes auprès des condamnés à mort de six pays : Cameroun, Indonésie, Liban, Malaisie, Mauritanie, RDC, donnant lieu à la publication de six missions d’enquêtes traduites en plusieurs langues (anglais, arabe, bahasa, indonésien,…). Ces outils transparents permettent au plus grand nombre de se saisir de ces thématiques et de se mobiliser.

Communication et mobilisation

ECPM a poursuivi son travail sur ses campagnes, notamment en militant pour la dépénalisation de l’homosexualité dans le monde et en consacrant un dossier aux condamnés à mort Français en Irak afin de s’opposer fermement à leurs condamnations à mort.

Éduquer

Afin d’initier les jeunes à la solidarité internationale et les préparer à exercer une citoyenneté active, ECPM avec l’agrément de l’Éducation nationale, poursuit son action éducative dans les collèges et lycées des zones moins favorisées, et hors des frontières comme au Maroc ou en Tunisie.

L’année de la bande dessinée a été l’occasion d‘organiser un concours « Cas.e de conscience », proposé aux jeunes français et monégasques, permettant à une centaine de jeunes de porter le message abolitionniste à travers l’art de la bande dessinée.

Pour soutenir les activités d’ECPM, n’hésitez pas à adhérer à notre association, à faire un don, ou encore à devenir bénévole ! 

Jetez un oeil à cette infographie pour savoir comment agir à nos côtés.


Télécharger le rapport d’activités de 2019 d’ECPM

Mardi 28 avril, l’Assemblée nationale tchadienne a voté l’abolition de la peine de mort pour les actes de terrorisme, autorisée jusqu’alors. Fortement engagée sur le terrain depuis plusieurs années, ECPM se félicite de cette finalité et revient sur les étapes franchies avec détermination par ce pays d’Afrique central pourtant en proie à un contexte géopolitique instable.
© Flickr / Marco Verch
© Flickr / Marco Verch

« Les députés ont voté à l’unanimité l’abolition de la peine de mort pour les actes de terrorisme » a déclaré Djimet Arabi, ministre de la Justice à l’origine du projet de loi. Adopté en Conseil des ministres le 19 décembre 2019, celui-ci modifie la loi n°34 qui réintroduisait la peine de mort pour les auteurs d’actes terroristes. Cette loi devient effective dès lors que le Président Idriss Déby Itno promulgue les nouvelles dispositions, fin mai 2020.



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L’abolition de la peine de mort au Tchad, un long chemin sinueux

En décembre 2014, une loi d’abolition de la peine de mort est adoptée concernant les crimes de droit commun. La peine capitale sera remplacée « par l’emprisonnement à vie défini comme une peine perpétuelle sans possibilité de libération conditionnelle » avait précisé M. Hassan Sylla Bakari, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, à l’époque.

Suite au double attentat-suicide du 15 juin 2015, les autorités tchadiennes procèdent à un renforcement considérable des mesures de sécurité à N’Djamena, la capitale. Le pays se dote d’un arsenal juridique sévère, réintroduisant la peine de mort pour les personnes commettant un acte terroriste, le finançant ou procédant au recrutement et/ou à la formation de personnes en vue d’un acte de terrorisme, quel que soit le lieu de commission. « À grand mal, de grands remèdes » affirmait Moussa Kadam, premier vice-président de l’Assemblée nationale en 2015.

Le terrorisme, motif courant de réintroduction de la peine de mort

« Le développement du terrorisme et la cruauté de ses actions réveille dans le public la pulsion de mort » déclarait Robert Badinter. Du fait du caractère flou du concept – depuis les années 1960, les Nations Unies ont élaboré 19 instruments juridiques internationaux dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, aucun ne fournit de définition du terrorisme – la lutte contre le terrorisme est souvent invoquée comme une excuse pour violer les normes internationales de défense des droits de l’homme, notamment concernant la peine de mort. Plusieurs pays, tels que le Tchad, la Tunisie, qui imposaient un moratoire sur la peine de mort, l’ont réintroduit dans leur lutte contre le terrorisme.


Carte : Atlas of Chad – Wikimedia Commons

Le Tchad, un pays en proie au terrorisme

Depuis 2014, le Tchad est sous la menace de groupes djihadistes sur son flanc ouest, dans la province du Lac. Les combattants terroristes multiplient les attaques meurtrières contre civils et militaires. Il y a un mois, une centaine de soldats tchadiens ont péri dans une attaque du groupe Boko Haram, la pire défaite jamais connue par l’armée tchadienne. En représailles, 1000 terroristes et 52 soldats tchadiens auraient trouvé la mort dans une vaste offensive militaire, lancée par le président; 58 présumés membres de Boko Haram ont été fait prisonniers pour être jugés. Trois jours plus tard, 44 ont été retrouvés morts dans leurs cellules, suite à l’ingestion d’une substance toxique d’origine indéterminée.

La France s’est engagée très tôt pour soutenir politiquement et militairement les États situés autour du lac Tchad. Le caractère transfrontalier de la menace terroriste impose une réponse régionale qui a pris la forme de l’opération Barkhane. Lancée en août 2014, cette opération a pour but d’apporter un soutien logistique et en matière de renseignement aux pays de la bande sahélo-saharienne, regroupés au sein du « G5 Sahel ». L’abolition de la peine de mort par le Tchad, vise à « harmoniser notre législation contre le terrorisme avec celles de tous les pays du G5 Sahel qui ne prévoient pas la peine de mort pour les actes de terrorisme » a expliqué Djimet Arabi, ministre de la justice, suite au vote du projet de loi. Seul le Burkina Faso a abrogé la peine de mort au sein du G5 Sahel. La peine capitale est toujours inscrite dans la loi des autres pays, même si elle n’est plus appliquée depuis des années.

Djimet Arabi, ministre de la justice, Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'ECPM et le Président Idriss Déby.

De gauche à droite : Djimet Arabi, ministre de la justice, Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM et le Président Idriss Déby.

ECPM, un renfort déterminant dans l’évolution de la législation

Depuis la réintroduction de la peine de mort au Tchad, ECPM fut un appui stratégique dans les négociations en vue de l’abolition totale de la peine de mort. La rencontre avec le ministre tchadien de la Justice, Ahmat Mahamat Hassan, a notamment permis d’aborder les prochaines étapes de l’abolition, en marge de la 60e Session de la CADHP (Commission africaine des droits de l’homme et des peuples) à Niamey, au Niger. Ces discussions furent reprises lors du premier Congrès régional africain contre la peine de mort, initié par ECPM, à Abidjan, en avril 2018. Dans la déclaration finale du Congrès, ECPM appelait le Tchad à abroger la loi « anti-terroriste » de juillet 2015. Djimet Arabi y répondit favorablement, s’engageant à faire évoluer la législation.

Du 4 février au 8 février 2019, ECPM, seul invité non tchadien, participa à un atelier de réécriture de la loi n°34 relative à la Répression du Terrorisme, à l’initiative du Moj, à l’attention d’experts, d’associations, et autres acteurs clés de la chaîne pénale. Le 6 février 2019, lors d’un entretien, le Président Deby assura à Raphaël Chenuil-Hazan, Directeur général d’ECPM, sa volonté d’abolir la peine capitale. Grâce à de nombreux échanges tout au long du processus d’écriture et de vote, la loi d’abolition de la peine de mort pour les actes terroristes est devenue réalité.


« En Afrique, l’abolition est la tendance irréversible » – Entretien avec Raphaël Chenuil-Hazan

Vers une Afrique abolitionniste !

Sur le continent africain, les quatre cinquièmes des 55 États membres de l’Union africaine ne pratiquent plus la peine de mort et, au cours des dix dernières années, seuls dix pays ont procédé à des exécutions. L’Afrique est perçue par les acteurs de la société civile comme « le prochain continent abolitionniste ». On assiste, depuis quelques années à un lent processus de retrait des lois politiques, à la demande des Nations unies, faites notamment lors de l’Examen périodique universel des pays.

Dans de trop nombreux pays, la peine de mort est utilisée pour faire taire des opposants et exciter la population. À l’inverse, l’abolition de ce châtiment inhumain peut constituer un instrument politique de réconciliation. Mettre fin à la peine capitale, c’est contribuer à la reconstruction de pays meurtris par de graves conflits internes et accompagner leur processus de réconciliation nationale, en démontrant une capacité de pardon. L’Afrique du Sud, le Rwanda et le Mozambique ont, par exemple, aboli la peine de mort à l’issue de terribles conflits sur leurs territoires. Là où la peine de mort relève de la précipitation et de la lâcheté, son abolition exige de la responsabilité et du courage politique.

Extrait des Actes d’Abidjan (2018)



Consultez notre brochure sur l’abolition en Afrique

Pour aller plus loin : 

« Écrire à un condamné à mort, c’est lui redonner sa place d’être humain à part entière et lui offrir une fenêtre sur le monde. » Annie est bénévole et adhérente d’ECPM depuis plusieurs années. Elle nous livre un témoignage sincère sur sa correspondance avec Khalil, condamné à mort en Floride aux États-Unis, avec qui elle a noué une véritable amitié.

A l’heure où nous vivons une situation inédite de confinement, je ne peux m’empêcher de penser à mon correspondant, mon ami Khalil qui vit le véritable enfermement, dans une cellule de 5m2 au sein de la prison de Raiford, en Floride, depuis sa condamnation à mort en 1991, il y a presque 30 ans. Il avait alors 24 ans.

Depuis de nombreuses années, je suis membre de l’ACAT. (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). J’avais entendu parler de la possibilité de correspondre avec un condamné à mort. J’ai longtemps hésité à m’engager dans une correspondance, par crainte de ne savoir quoi dire ou de ne pas oser parler de ma vie dans le monde libre.

Je me suis décidée l’été dernier et l’ACAT m’a donné les coordonnées de Khalil. Je me suis refusée à aller voir sur internet les raisons qui l’avaient amené à être condamné à mort. Ce qui m’importait était la personne qu’il est aujourd’hui et non les actes qu’il avait pu commettre… ou pas.


« Une personne extraordinairement positive »

Au fil de notre correspondance, par courrier ou par mail (Khalil a la chance d’avoir une tablette à sa disposition, lui permettant de lire et écrire des mails, de regarder des programmes éducatifs, écouter de la musique, regarder des films…mais ces tablettes ont une durée de vie très limitée, obligeant les détenus à en racheter régulièrement car la garantie est très courte), une réelle et profonde amitié s’est nouée. J’ai découvert une personne extraordinairement positive, malgré toutes ces années d’enfermement, intelligente, désireuse de découvrir la France, ses coutumes, son mode de vie, parlant de politique, de musique, d’art en général.

Dans nos échanges, il n’oublie jamais de me demander des nouvelles de ma famille, mes enfants, ma maman qui est très malade et pour laquelle il prie. Il a lui-même perdu son père il y a peu et n’a pu obtenir aucun soutien de la part du chapelain de la prison. Petit à petit, il m’a parlé de sa vie à New York étant jeune, de ses études pour devenir chiropracticien, de son combat pour obtenir un nouveau procès qui lui permettrait enfin de démontrer qu’ils ont arrêté la « mauvaise personne », à cause d’une enquête bâclée…

Et puis, il me parle aussi de sa vie entre quatre murs.

Coincé dans sa cellule (qu’il appelle parfois sa « cage », les jours où ça va moins bien) tout au long de la journée, excepté pour 2 sorties par semaine (d’une durée d’environ 3 heures), 3 douches seulement (les autres jours, c’est la toilette dans le lavabo), et tous les repas sont pris seul (le petit déjeuner est à 5h30 !).


La peine de mort est une véritable torture pour les condamnés. En savoir plus sur nos arguments.

Les visites ont lieu le dimanche mais sa famille habite loin de Raiford et ne peut donc venir tous les dimanches. Il est parvenu à se construire un emploi du temps qui l’empêche de sombrer dans la folie (il connaît des détenus qui se tapent la tête sur les murs, hurlent toute la journée, répondent aux provocations des surveillants et finissent en isolement total…) : beaucoup de sport, de lecture, de peinture, d’écriture de poèmes, du travail légal pour aider les autres prisonniers.

Ce travail pour les autres est pour lui un moyen de gagner un peu d’argent car les condamnés à mort n’ont pas le droit de travailler. Tout est très cher dans les prisons : l’envoi de mails, les consultations médicales (5 dollars), les films (7 dollars), la nourriture en plus car celle de la prison est souvent très mauvaise et rationnée…L’univers carcéral est aussi fait de brimades, de violence et de mesquineries. Violence entre détenus, brimades volontaires de la part des gardiens qui mettent les cellules sens dessus dessous lors des inspections, corruption à tous les niveaux. Tout est fait pour démolir les détenus et leur faire perdre toute humanité.

Ecrire à un condamné à mort, c’est lui redonner sa place d’être humain à part entière et lui offrir une fenêtre sur le monde.

Aller plus loin : 

En partenariat avec :



Malgré le coronavirus, des condamnations à mort continuent d’être prononcées… virtuellement. Le Nigéria et Singapour ont en effet utilisé Zoom, un logiciel de téléconférence qui avait permis de faciliter les échanges durant le confinement.

3h d’audience via zoom

Le 4 mai, Olalekan Hameed, un nigérian a été condamné à la pendaison par le juge de Lagos Mojisola Dada, pour le meurtre de la mère de son employeur, en décembre 2018. L’audience, suivie par des avocats, dont le procureur général, et certains journalistes sélectionnés, a duré près de trois heures. « Que le Seigneur ait pitié de votre âme. C’est le jugement virtuel du tribunal », a ajouté le juge.

Un procédé qui a fait réagir, qualifié de « cruel et inhumain » par Human Rights Watch, le directeur d’Amnesty International Nigeria, Osai Ojigho doute de la validité de la procédure. « Pouvons-nous dire que justice a été rendue dans ce cas ? Le public a-t-il eu accès à cette session ? Ça vaut la peine d’explorer si les processus qui ont conduit à la séance virtuelle ont suivi le principe de la justice naturelle et d’une affaire équitable. »

Fin avril, la présidence nigériane a appelé à tenir « des procès rapides pour décongestionner les prisons dans le pays dans le contexte de la pandémie de Covid-19 ». « Selon le président Buhari, d’après les données disponibles, la population carcérale au Nigeria s’élève à 74.127 personnes détenues, et 52.226 d’entre elles sont toujours dans l’attente de leur procès », selon un communiqué de la présidence du 21 avril. Les organisations de surveillance des droits de l’Homme estiment à 2000 le nombre de personnes détenues dans les couloirs de la mort au Nigeria, sept condamnés ont été exécutés ces dix dernières années.

Réception du verdict via zoom

Quinze jours plus tard, le 20 mai, Punithan Genasan, un malaisien est condamné à mort par pendaison, à Singapour, via un appel zoom, à cause de sa participation dans un trafic de drogues.

Contrairement à Olalekan Hameed, Punithan Genasan n’a pas été jugé via zoom, mais a reçu son verdict. Jamais, la peine capitale n’avait été prononcée au cours d’une audience à distance, a souligné la Cour suprême. Son avocat ne s’oppose pas à cette méthode dès lors que l’appel était seulement pour recevoir le verdict et pas pour la présentation de d’autres arguments légaux.



Accès aux soins, aménagements de peine, mouvements de protestation, liens avec l’extérieur : quelles sont les conséquences de la pandémie sur les conditions de vie en prison ? Suivez l’actualité grâce au dossier Coronavirus : la fièvre des prisons de Prison Insider.

Human Rights Watch a de nouveau condamné cette utilisation de la technologie : « La peine de mort est par essence cruelle et inhumaine, et c’est encore pire quand Singapour utilise une technologie comme Zoom pour condamner un homme à mort », souligne le directeur adjoint de l’organisation pour l’Asie, Phil Robertson. « C’est incroyable que le parquet et le tribunal soient aussi insensibles et qu’ils ne comprennent pas qu’un homme menacé de la peine de mort a le droit de comparaître devant la cour pour voir l’accusation » a-t-il conclu.

La société technologique californienne Zoom n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires formulée par l’intermédiaire de ses représentants à Singapour.

Dans le cadre des activités de notre pôle « éduquer à l’abolition », ECPM en partenariat avec diverses associations propose régulièrement des quizz en ligne afin d’approfondir ses connaissances sur la peine de mort sur des thématiques liées à l’actualité.


Répondre au quizz

En 1990, seul 1 pays membre de l’Union africaine avait aboli la peine de mort pour tous les crimes. En 2019, ils étaient au nombre de 20. Ces avancées significatives mènent à penser que l’Afrique sera le prochain continent abolitionniste. ECPM participe activement à ce mouvement grâce à son réseau d’organisations partenaires.








Répondre au quizz

À l’occasion de la journée internationale des familles, ECPM tenait à rendre hommage à toutes les familles de condamnés à mort, victimes collatérales d’un système judiciaire injuste.  Au côté du Collectif des Familles Unies, de l’Association Justice pour Hank et de l’Association Sabine Atlaoui, ECPM vous propose de découvrir au travers d’un quizz, le quotidien de ces familles.


Répondre au quizz

Le 9 Mai marque la Journée de l’Europe dans tous les pays membres de l’Union européenne. ECPM et ses partenaires vous ont concocté de quoi tester/approfondir vos connaissances sur la situation de la peine de mort en Europe.

En partenariat avec :





Répondre au quizz

À l’occasion de la Journée Internationale de la liberté de la presse, ECPM vous propose de (re)découvrir où et comment la peine de mort s’applique aux journalistes.






Pour rappel, depuis la fin des années 80, le Conseil de l’Europe plaide pour l’abolition de la peine de mort. Dans le cadre de son engagement à défendre les droits de l’homme, l’Union européenne a développé un rôle de leader dans la lutte contre la peine de mort dans le monde. Elle lutte contre la peine de mort en interdisant par exemple le commerce de certains biens susceptibles d’être utilisés en vue d’infliger la peine capitale ou la torture. Elle soutient les organisations de la société civile qui font un travail de sensibilisation dans les pays non abolitionnistes. De plus, en jouant un rôle d’observateur permanent au siège de l’ONU, l’Union européenne défend ardemment toutes les actions visant à éradiquer la peine de mort.

Cependant, malgré le fort engagement des institutions européennes et de nombreux États européens, la peine de mort est toujours un débat important et récurrent en Europe, en particulier dans le contexte des attentats terroristes. Même après l’abolition, les États et les sociétés doivent continuer d’éduquer les nouvelles générations aux valeurs fondamentales afin de se protéger d’un retour à la peine de mort et au populisme.

La mission d’enquête Isolement et désespoir : Les conditions de détention des condamnés à mort en Malaisie, rédigée par Carole Berrih et Ngeow Chow Ying, fait le point sur la situation dans le pays, alors que 1 280 hommes et femmes se trouvent actuellement dans les couloirs de la mort malaisiens.
Le rapport a été lancé officiellement lors d’une conférence en ligne le 29 avril 2020.



Version française

Version anglaise

Les conditions dans lesquelles sont détenus les condamnés à mort en Malaisie restent largement méconnues. Il y a actuellement 1 280 hommes et femmes dans le couloir de la mort du pays, à la suite à de procès qui ne respectent pas toujours les principes fondamentaux du droit international.

ECPM et Anti-Death Penalty Asia Network (ADPAN) ont enquêté de juillet 2019 à février 2020 en Malaisie afin de recueillir plusieurs témoignages de condamnés à mort toujours en détention, de leurs familles, et des organisations religieuses travaillant dans les prisons.
La mission apporte ainsi un nouvel angle aux études récemment publiées qui illustrent les violations du droit à un procès équitable dans les affaires où l’accusé encourt la peine de mort.

Vous trouverez dans cette mission d’enquête :

  • Une analyse de l’histoire de la peine de mort dans le pays
  • Les principales étapes de la procédure pénale et de la procédure de recours en grâce
  • Une enquête sur les conditions de détention des personnes condamnées à mort
  • Des témoignages de familles de condamnés à mort
  • Des informations sur le processus d’exécution


Voir toutes les missions d’enquête d’ECPM


Illustration © Marty Planchais
Illustration © Marty Planchais

La mission d’enquête en Malaisie a fait l’objet d’une collaboration avec l’auteur et illustrateur Marty Planchais, avec lequel ECPM avait déjà eu le plaisir d’organiser des activités mobilisant un jeune public sur la thématique de la peine de mort.

Détenu en Indonésie depuis 2005, condamné à mort en 2007, Serge Atlaoui devait être exécuté le 29 avril 2015, il y a cinq ans. Aujourd’hui, il est toujours condamné à mort et incarcéré sur l’île prison de Nusakambangan.

Sabine Atlaoui et les principales personnalités engagées pour sauver Serge feront le point sur sa situation lors d’une conférence en ligne le jeudi 30 avril de 17h à 19h (accessible à tous sur inscription).

Nous présenterons aussi notre dossier spécial  « 10 questions pour mieux comprendre la situation de Serge Atlaoui ».


S’inscrire à la conférence en ligne

Sabine Atlaoui sera aux côtés de Richard Sédillot (avocat de Serge), Christine Tournadre (réalisatrice de Serge condamné à mort), Alain Morvan (journaliste et président d’ECPM) et Raphaël Chenuil-Hazan (Directeur d’ECPM).



Ressources






A l’occasion des 5 ans du sauvetage de Serge, le film est en visionnage libre du 29 avril au 2 mai 2020. 

Cliquez sur : https://vimeopro.com/pharesbalises/serge-ecpm
Entrez le mot de passe : serge2020?








Français


Anglais

Cette semaine, à l’occasion de la sortie du rapport annuel sur la peine de mort d’Amnesty International, ECPM et Amnesty proposent des activités ludiques et éducatives pour mieux comprendre les enjeux de l’abolition. Ces activités ont fait l’objet d’un travail conjoint entre l’équipe d’Education aux droits humains d’ECPM et d’Amnesty International.

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1. MOTS CROISÉS, DES MOTS DE LA PEINE DE MORT (À PARTIR DE 14 ANS ET POUR TOUS)
 

DURÉE : 10 à 20 minutes

MATÉRIEL : papier, stylo / Optionnel : une imprimante

OBJECTIFS :

aborder le sujet de la peine de mort ;

réfléchir au lexique de la peine de mort et à ses liens avec les points de vue adoptés.

DÉROULEMENT :

1. Remplir les mots croisés à partir des définitions proposées et des informations complémentaires données

2. Vérifier au besoin des réponses dans le document réponse joint ci-dessous.


Télécharger la grille de mots croisés « Peine de mort »


Télécharger la solution

2. POINTS À RELIER, DES AFFICHES POUR L’ABOLITION (À PARTIR DE 14 ANS ET POUR TOUS)

Chez Amnesty International et Ensemble contre la peine de mort nous pensons que la peine de mort doit être abolie. Saurez-vous relier les affiches aux arguments abolitionnistes ?

DURÉE : autour de 10 minutes

OBJECTIFS : identifier les principaux arguments abolitionnistes.

MATÉRIEL

Papier, stylo

Optionnel : une imprimante

DÉROULEMENT

1. Relier les affiches à l’argument pour l’abolition de la peine de mort.

2. Vérifier les solutions possibles (des affiches peuvent être utilisées pour plusieurs arguments) grâce au fichier à télécharger.


Points à relier


Réponses « Points à relier »

3. UNE AUTRE HISTOIRE EST POSSIBLE (À PARTIR DE 14 ANS ET POUR TOUS)

DURÉE : à partir de 10 minutes et autant de temps dont vous avez envie pour réaliser le dessin

MATÉRIEL

Selon votre inspiration, feuilles, crayons, peinture, gommettes, etc.

Optionnel : une imprimante

OBJECTIFS : imaginer un autre monde, un monde sans peine de mort

DÉROULEMENT

1- (Optionnel) Préparation : en amont, imprimer l’image « Petit bourreau sans fond »

2- Observer l’image « Petit bourreau » extraite de la bande-dessinée « Petit bourreau de Monfleury » de Marty Planchais et lire le texte suivant, qui l’accompagne :

Si la peine de mort est toujours en vigueur dans de trop nombreux pays, elle a été abolie en France en 1981. A Montfleury, Petit bourreau aimerait bien en faire autant. Il ne veut pas être responsable de la mort de prisonniers et rêve d’une autre vie.

3- À partir de l’image en noir et blanc et sans fond (imprimée ou dessinée), recrée une autre histoire dans un monde sans hache et sans échafaud, et imagine tout ce que le personnage pourrait faire d’autre. Dessine, peins, colle…. Laisse libre cours à ton imagination.

4- En option, nous envoyer le fichier créé pour la question 1.


Image Petit Bourreau


Petit Bourreau sans fond


Partagez votre réalisation

POUR ALLER PLUS LOIN

Retrouver d’autres activités et documents pédagogiques sur notre page Éduquer.

Voir les activités d’éducation d’Amnesty International.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de Jerry Givens, victime du Covid19, le 13 avril 2020.

Il avait supervisé 65 exécutions dans l’état de Virginie et avait ensuite rejoint le camp de l’abolition de la peine de mort aux USA. Il a ainsi témoigné de son expérience auprès de sénateurs et députés dans plusieurs états américains au cours de ces dernières années. Il avait également participé à de nombreux échanges avec des familles de victimes.

Jerry a été un témoin important lors du 5e Congrès mondial contre la peine de mort à Madrid en 2013, et il avait participé au 7e Congrès mondial à Bruxelles en 2019.

En tant que « bourreau », il estimait à l’époque ne faire qu’appliquer la loi et que la responsabilité d’une exécution reposait uniquement sur le condamné à mort. Mais lorsqu’un condamné à mort innocent a échappé de peu à son exécution, il a changé de position et rejoint la communauté abolitionniste.

La disparition de ce militant atypique laisse un vide pour les abolitionnistes de Virginie et des États-Unis.

Jerry Givens lors du 7e Congrès mondial contre la peine de mort Bruxelles en mars 2019 © Christophe Meireis