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En prévision de l’examen de l’Irak par le Comité des droits de l’Homme des Nations unies à Genève, les 7 et 8 mars prochains, ECPM et la Coalition mondiale contre la peine de mort soumettent au Comité un rapport alternatif portant sur l’application de la peine de mort en Irak. Ce rapport intitulé « Conformité de l’Irak avec le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) concernant la peine de mort » met en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire irakien en matière de peine de mort, les conditions de détention particulières des prisonniers condamnés à mort, l’usage fréquent de la torture avant les procès et en prison et les spécificités des condamnations à mort pour terrorisme. De nombreuses recommandations y sont formulées afin que les membres du Comité les portent auprès des autorités irakiennes.
Pour en savoir plus, consultez également notre brochure sur « Les processus d’abolition de la peine de mort dans les États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) », dont fait partie l’Irak aux côtés de 56 autres États.
Alors que les Jeux Olympiques d’hiver 2022 battent leur plein à Pékin, la communauté internationale ne cesse de rappeler les nombreux manquements de leur pays hôte quant au respect des droits humains.  L’indice qui ne trompe pas : la Chine est l’Etat du monde exécutant le plus de condamnés à mort par année. Mondial d’athlétisme au Qatar (2019), Paris-Dakar en Arabie Saoudite (2020), ou encore accord d’un club de Football avec le Royaume du Bahreïn (2021), ECPM revient sur les nouveaux enjeux qu’implique l’organisation d’évènements sportifs d’ampleur internationale dans les États qui appliquent encore la peine de mort et invite au dialogue en vue du 8e Congrès mondial contre la peine de mort qui se tiendra à Berlin en novembre 2022.

 

La Chine est classée en tête des États qui exécutent le plus de condamné.e.s à mort par an, juste avant l’Iran et l’Égypte. Pourtant, le pays refuse de communiquer ses données exactes, classées secret d’État. Selon Amnesty International, la Chine aurait exécuté au moins 483 personnes en 2020, mais ce chiffre exclue les milliers d’autres exécutions que l’on soupçonne d’avoir eu lieu la même année.

 

Parmi les chefs d’accusation figure la durée des procès : les prisonnier.e.s se voient parfois condamner à mort dans un temps record.

En pleine pandémie mondiale de Covid-19, la Chine a mis en place une campagne de répression des infractions pénales liées aux mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus, et a prononcé une condamnation à mort suivie d’une exécution dans un délai extrêmement court, dans le cadre d’une procédure accélérée (Amnesty international, rapport mondial 2020).

Le relais de la flamme olympique, symbole de paix et d’amitié entre les peuples, n’est pas assuré dans les couloirs de la mort. Dans la perspective du 8e Congrès mondial contre la peine de mort,  Raphaël Chenuil-Hazan, directeur exécutif d’ECPM, renouvelle son invitation aux instances internationales du sport :

 

« J’appelle le Comité international olympique et les instances internationales sportives à revoir leurs critères de sélection des États pour les grands rendez-vous sportifs au regard du respect des droits de l’Homme et de l’utilisation de la peine capitale. »

 

En 2022, l’agenda sportif est chargé de nombreuses rencontres d’ampleur internationale organisées dans des pays rétentionnistes. Cet été, les championnats du monde de natation auront lieu au Japon, un pays dans lequel les condamné.e.s à mort sont averti.e.s moins de deux heures avant leur exécution, tandis que l’année sera clôturée par le plus grand rendez-vous du football au Qatar, un pays qui bafoue lui aussi le plus fondamental des droits, où les tribunaux peuvent se référer à la charia pour condamner à mort des hommes ayant eu des relations homosexuelles.

ECPM encourage l’ensemble de la communauté abolitionniste, les instances du sport et la société civile à allier leurs forces pour défendre les intérêts des condamné.e.s à mort et pour inscrire les évènements sportifs dans un contexte en phase avec les valeurs véhiculées par le sport. Les compétitions sportives n’ont pas leur place dans les pays ne respectant pas les droits humains.

Angelia : Avec notre famille, nous avons lancé la campagne « Sauvez Pannir » après qu’il ait bénéficié d’un sursis d’exécution. Tout a commencé avec une conférence de presse, le 5 juillet 2019. Nous avons demandé au public de se rendre sur le site internet que nous avions créé pour raconter l’histoire de Pannir, et de signer la pétition affiliée destinée à Halimah Yacob, la présidente de Singapour. Dans cette pétition, nous implorons sa grâce avec le soutien du grand public. ECPM a rejoint le projet en jouant un rôle majeur puisque l’association a en partie financé la campagne pour étendre son impact, et a proposé un concept différent ce qui nous a permis de toucher le grand public et de créer un mouvement auquel chacun.e peut s’identifier et prendre part.

Pannir Selvam Pranthaman En savoir plus sur la campagne #SavePannir En haut à gauche, Santesh, en bas, Angelia

Pour ma famille et moi, tout ça représente beaucoup de temps et d’efforts. Nous contactons d’autres familles qui traversent une situation similaire, et nous essayons de les aider du mieux que nous pouvons.

 

Santesh : La chanson parle des bons et des choix que l’on fait dans la vie. Il y a toujours un bon et un mauvais choix, la décision du chemin que l’on emprunte nous appartient. Le bon chemin ne sera sans doute pas facile, mais le chemin facile rend nos cœurs aveugles. Ou plutôt, nous rend incapables d’entendre ce que notre cœur nous dicte. Le refrain de la chanson explique que la vie est comme un bateau sans ancre pour l’arrêter, sans voile pour la diriger. Il souligne aussi que les citoyen.ne.s d’une même nation doivent tous.tes faire leur part pour que la société change radicalement, pour le bien de tout le monde, et ce, indépendamment de leur âge, de leur origine ou de leur genre. Enfin, avec cette chanson, nous espérons aider les gens à identifier les bons et les mauvais choix sur le chemin de la vie, et leur apprendre à pardonner celles et ceux qui essaient de réparer leurs fautes. 

 

Santesh : La sortie du single a été un succès, nous sommes reconnaissant.e.s envers les médias qui ont couvert l’évènement. Nous avons reçu d’excellents retours, de nombreux compliments et beaucoup de soutien et d’encouragements à perpétuer le combat contre la peine de mort. La presse était surprise, et curieuse concernant la campagne : on m’a demandé plusieurs fois si ce mouvement impliquait des personnalités politiques. À ce jour, je n’ai encore reçu aucun commentaire de la part du gouvernement !

Angelia et Santesh : Le problème vient tout d’abord de la perception que l’on a de la peine de mort. Beaucoup pensent qu’elle dissuade les criminel.le.s, alors que dans les faits, on constate qu’il n’en n’est rien. Grâce à cette chanson et à celles qui sortiront prochainement, on espère changer la perception des gens sur la peine capitale. Le deuxième problème est la bureaucratie : parfois, l’envie de changer est présente, mais parvenir à opérer le changement souhaité est un chemin long et sinueux. La Malaisie a ratifié le moratoire de l’ONU en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort, ce qui montre que le gouvernement est enclin à mettre un terme à cette pratique, mais ils sont encore loin d’en faire une priorité. Nous devons inciter les membres du parlement à parler de ce problème pour aller plus loin dans le combat contre la peine de mort. Voilà les deux principales difficultés auxquelles nous sommes confronté.e.s en Malaisie.   

 

Aujourd’hui, comment pouvons-nous nous mobiliser pour aider Pannir ?
Avez-vous d’autres projets
pour poursuivre la lutte contre la peine de mort ?

Angelia : Nous voulons nous battre contre la peine de mort en général en Malaisie, car nous souhaitons devenir un exemple pour les autres gouvernements d’Asie du sud-est, surtout ceux des pays voisins comme Singapour, l’Indonésie ou le Myanmar. Nous sommes prêt.e.s à poursuivre le dialogue avec les médias et les autorités.

Santesh : Nous essayons d’interpeller chacun des 222 membres du parlement, pour savoir qui est en faveur de l’abolition, et qui ne l’est pas. S’ils y sont favorables, tant mieux, sinon, on exige qu’ils nous exposent leurs arguments.

 

 

Angelia : Oui, voilà. Ces données seront collectées et répertoriées sur notre site internet. Notre but est de d’engager le débat au sein même des membres du parlement. En parallèle, nous essayons de faire publier le travail de Pannir, car son histoire a le potentiel de faire changer la vision du grand public sur les condamné.e.s à mort ou les prisonnièr.re.s. Il ne représente qu’une petite pièce du puzzle… Si d’autres personnes incarcérées sont douées d’un talent en particulier, nous souhaitons les aider à se faire connaître à leur tour.

Angelia : Avant de terminer, je voulais dire un grand merci aux membres d’ECPM pour leur soutien dans cette campagne, sans lequel nous n’aurions pas pu aller aussi loin. Nous espérons pouvoir travailler ensemble à nouveau, car nous avons la même mission et partageons le même combat.

Le dernier single de Pannir Selvam, Bukan Sekadar Hikayat est sorti en septembre 2021 ! Cette fois, le texte est interprété par le rappeur malaisien engagé Saint T.F.C. Retrouvez-le sur votre plateforme d’écoute favorite !

 

Quelle est la situation actuelle de Pannir Selvam ? Le 26 novembre 2021, Pannir a perdu son dernier appel, sous prétexte que le Bureau central des stupéfiants (CNB) n’avait pas eu besoin des informations révélées par Pannir dans leur enquête. Pourtant, les faits montrent que ces informations ont été d’une utilité clé dans l’arrestation d’un citoyen de Singapour impliqué dans des réseaux de trafic de drogues. Malgré cela, le CNB a refusé de délivrer un certificat de coopération à Pannir, qui lui aurait permis de voir sa peine commuée en prison à vie. 
Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) et son partenaire la Coalition tunisienne contre la peine de mort (CTCPM) appellent les autorités tunisiennes à continuer de respecter le moratoire sur les exécutions et à franchir de nouvelles étapes vers l’abolition de la peine de mort. ECPM et la CTCPM appellent notamment les autorités à accepter des recommandations relatives à l’abolition de la peine de mort lors de son prochain examen périodique universel et à se prononcer en faveur lors du prochain vote de la Résolution appelant à un moratoire universel sur l’application de la peine de mort.

Treize personnes ont été condamnées à mort depuis le 1er janvier, un triste record pour la Tunisie. Sur ces 13 personnes, 9 ont été condamnées en application de la Loi organique n°2015-26 du 7 août 2015, relative à la lutte contre le terrorisme et la répression du blanchiment d’argent. L’augmentation des condamnations à mort dès le premier mois de l’année est un triste présage alors que la Tunisie connait une période marquée par l’incertitude institutionnelle et politique suite à l’annonce du chef de l’État le 25 juillet 2021, de la mise en place d’un « État d’exception ».

En 2021, la Tunisie a célébré 30 ans d’application d’un moratoire sur les exécutions. Ainsi, si les magistrats continuent de prononcer des condamnations à mort, aucune exécution n’a été réalisée depuis 1991. Aminata Niakate, présidente d’ECPM rappelle que : « la peine de mort est une vengeance, elle n’est pas la justice. La peine de mort est aussi discriminatoire : les personnes condamnées à mort sont majoritairement issues de milieux défavorisés ».

Au total, 54 dispositions législatives qui prévoient l’application de la peine de mort en Tunisie. Un certain nombre de ces crimes ne peuvent être considérés comme les « crimes les plus graves » au sens du droit international. Les circonstances atténuantes ne sont pas suffisamment prises en considération et c’est ainsi qu’une personne déficiente mentale condamnée à mort en 2020, pourrait voir sa condamnation confirmée en appel dans les prochaines semaines. L’année 2022 sera marquée par des enjeux majeurs en termes de positionnement de la Tunisie sur la question de la peine de mort.

Ainsi, la Tunisie sera soumise à l’Examen périodique universel (EPU). Lors de son dernier EPU en 2017, la Tunisie avait accepté 4 recommandations sur 18 recommandations formulées relativement à la question de la peine de mort. La Tunisie avait accepté de : « Continuer le dialogue national en vue d’atteindre un consensus sur l’abolition de la peine de mort », de « Promouvoir un débat national sur l’abolition de la peine de mort », de « Maintenir le moratoire de fait en vue de l’abolition totale de la peine de mort » et de « Faciliter le débat public sur la peine de mort à l’aide de la Commission des droits de l’homme et autre organes constitutionnels/société civile, en vue de la ratification de l’OP2 ».

En 2022, la Tunisie sera aussi, comme tous les États membres des Nations unies appelée à se prononcer lors du vote de la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies pour l’instauration d’un moratoire universel sur l’application de la peine de mort. Après avoir été abstentionniste pendant plusieurs années, la Tunisie vote depuis 2012, tous les 2 ans en faveur de cette résolution.

La tendance universelle est à l’abolition de la peine de mort. 115 États dans le monde ont aboli la peine de mort pour tous les crimes ou pour les crimes de droit commun. Sur les 55 États membres de l’Union africaine, 22 États ont aboli pour tous les crimes ou pour les crimes de droit commun. Sur les 57 États membres de l’OCI, 19 ont aboli la peine de mort pour tous les crimes ou pour les crimes de droit commun (données de 2020).

Pour en savoir plus sur les actions d’ECPM et de notre partenaire la CTCPM en Tunisie, consultez notre page « Tunisie » ou visitez notre site partenaire Tudert.ma.
Verdict du procès pour l’assassinat de deux experts de l’ONU : ECPM et son partenaire congolais, Culture pour la paix et la Justice, dénoncent les condamnations à mort prononcées par la cour militaire du Kananga [Communiqué]

 

Jugées pour l’assassinat de deux experts de l’ONU en 2017 au Kasaï, 51 personnes ont été condamnées à mort samedi en République démocratique du Congo (RDC). Si le pays connait un moratoire de fait sur les exécutions depuis 2003, des condamnations à morts y sont régulièrement prononcées, en particulier par les juridictions militaires.

La Cour militaire de Kananga a condamné à mort une cinquantaine de prévenus, dont une vingtaine par défaut, qui sont pour la plupart d’anciens miliciens Kamuina Nsapu, reconnus coupables de crimes de terrorisme, crimes de guerre par mutilation, de meurtre et de participation à un mouvement insurrectionnel. 

Il est également regrettable de constater qu’au cours de ce procès qui a duré 4 ans, la cour n’ait pas voulu remonter la chaîne de commandement laissant ainsi des nombreuses zones d’ombre quant à l’implication éventuelle notamment de hauts responsables des forces de sécurité de l’Etat. 

  Selon Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM « l’exercice délicat d’une justice sereine, impartiale et efficace ne peut en aucune manière être mené via l’utilisation de la peine capitale. Bien au contraire, la peine de mort, comme souvent sert à masquer aux yeux de l’opinion publique l’incurie ou l’inaction de la justice. »     Pour Maitre Liévin Ngondji, Président de Culture pour la Paix et la Justice (CPJ), « le moratoire sur les exécutions que connait la RDC depuis 20 ans permet d’estimer que ces condamnations à mort sont dans les faits des servitudes pénales à perpétuité. Cependant il s’agit un moratoire de fait. En l’absence de toute officialisation, les exécutions peuvent reprendre à tout moment, comme cela a déjà été le cas dans d’autres pays. Il est nécessaire que la RDC officialise ce moratoire et in fine retire la peine de mort de son arsenal juridique »

 

Pour rappel, Michael Sharp, un américain et Zaïda Catalan, une suédoise d’origine chilienne, ont été tués en mars 2017, dans la province du Kasaï central, alors qu’ils enquêtaient sur des fosses communes liées au conflit armé qui a éclaté dans la région après la mort du chef coutumier Kamwina Nsapu, tué par les forces de sécurité.

En 2021, les juridictions congolaises avaient condamnés à mort au moins 54 personnes.

Contrairement à ce qui est régulièrement avancé, les peines de mort en RDC ne sont pas automatiquement commuées en peines de prison à perpétuité. Les commutations sont faites sur décret ponctuel du président de la République. Toutefois, les nombreuses exceptions y figurant ne permettent qu’une commutation minime des condamnations à mort.

 

  • – commuer l’ensemble des condamnations à mort, sans exceptions
  • – supprimer définitivement la peine de mort de son arsenal législatif
  • – ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques, seul traité international interdisant la  peine de mort

Le 10 décembre 2019, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, l’enquête a été présentée publiquement à Kinshasa, la capitale congolaise, lors d’une conférence nationale organisée par ECPM et CPJ. 

 

 

« Rien ne m’intéresse aujourd’hui, sauf la liberté. » Lire le témoignage de Jojo, condamné à mort depuis 19 ans,
détenu à la prison centrale de Makala.
Début janvier 2022, le boxeur Mohammad Javad Vafayi-Sani, âgé de 26 ans, a été condamné à mort pour son rôle dans des manifestations en 2019. L’Iran demeure le pays qui exécute le plus au monde par rapport à sa population. ECPM est très préoccupée par la prononciation de condamnations à mort à l’encontre de personnes ayant participé aux manifestations de novembre 2019 en Iran : elles sont le reflet d’une utilisation politique de la peine capitale.

Il a été accusé d’incendie criminel et de destruction de bâtiments gouvernementaux, d’après les informations reçues par l’ONG Iran Human Rights (IHR), partenaire d’ECPM. Son avocat, Babak Paknia, a confirmé le verdict et annoncé son intention de faire appel auprès de la Cour suprême. Il est actuellement détenu dans la ville de Mashhad.

Mohammad Javad Vafayi-Sani

Le 15 novembre 2019, à la suite d’une flambée soudaine et massive des prix du carburant, des manifestations nationales ont éclaté dans tout l’Iran. Les manifestations ont été en grande partie pacifiques, mais dans certaines villes, les biens publics et privés ont subi des dommages, prétendument dus aux manifestants. À son apogée, à partir du 16 novembre, le gouvernement a imposé une fermeture quasi-totale d’Internet et a mené une répression brutale des manifestants. La police et les forces militaires ont tiré sur les manifestants et les ont arrêtés, tandis que les autorités ont restreint l’accès à l’information.

Selon Iran Human Rights, 5 personnes ont été condamnées à mort pour leur participation aux manifestations de novembre 2019. Sur ces 5, 3 ont vu leur sentence révisée à la suite d’une forte mobilisation internationale (Amirhossein Moradi, Mohammad Rajabi, et Saeed Tamjidi). 

En décembre 2021, Abbas Daris, âgé de 48 ans, avait lui aussi été condamné à mort pour avoir participé aux manifestations de novembre 2019.

En septembre 2020, un autre sportif Iranien, le lutteur Navid Afkari, 27 ans, avait été pendu en dépit d’une mobilisation internationale contre son exécution et d’appels à interdire l’Iran de manifestations sportives. M. Afkari, qui avait remporté des compétitions nationales, avait été exécuté pour meurtre commis lors de manifestations en 2018. Ses aveux lui avaient été arrachés sous la torture.

Consultez notre rapport annuel 2020 sur la peine de mort en Iran

Le 19 novembre 2020,  ECPM a rejoint le Tribunal international d’Aban, chargé de juger des graves violations des droits de l’homme commises en novembre 2019 par les autorités iraniennes. Les audiences ont eu lieu à Londres en novembre 2021, en l’absence du gouvernement Iranien et les jugements devraient être rendus en 2022, après prise en considération de tous les témoignages. 

La peine de mort est toujours en application au Cameroun. En attendant son abolition officielle, le rôle des avocats demeure essentiel pour faire reculer l’application de cette peine.

Cependant il apparait que la plupart des avocats défendant des condamnés à mort manquent de qualification et/ou de moyens permettant une représentation efficace. Dans la grande majorité des cas, les justiciables qui encourent la peine de mort sont représentés par de jeunes avocats commis d’office n’ayant pas l’expérience requise pour défendre efficacement leur client.

Cette formation avait donc pour ambition d’apporter un soutien juridique et stratégique aux avocats assurant la représentation de personnes passibles de la peine de mort ou déjà condamnée à cette peine au Cameroun.

Durant les 3 jours, les avocats ont démontré, par leur forte implication et participation aux travaux, une réelle volonté de renforcer leurs stratégies juridiques et ainsi offrir une défense de qualité aux personnes passibles de la peine de mort. Les échanges se sont essentiellement concentrés sur les techniques permettant de surmonter les difficultés et obstacles dans un dossier « peine de mort » et  ainsi assurer une représentation efficace des personnes passibles de la peine de mort.

Le partage d’expériences entre les participants venus de différentes régions a permis d’enrichir davantage la formation.

Enfin, un procès fictif a permis aux participants de mettre en pratique une bonne partie des connaissances théoriques apprises et stratégies de défense partagées lors de l’atelier.

Les participants ont décidé de créer une plateforme numérique afin de rester en contact et pérenniser les acquis de la formation.

 

Toute l’équipe d’ECPM vous présente ses meilleurs vœux pour 2022 : Pour la communauté abolitionniste mondiale, le temps fort de l’année sera le 8e Congrès mondial contre la peine de mort qui se tiendra à Berlin en novembre !

 

ECPM prend de l’élan et s’apprête à élargir son équipe et ses locaux, mener des actions dans de nouveaux pays, moderniser son site web, mobiliser les dirigeants politiques, lancer des campagnes de plaidoyer, et bien d’autres actions que vous découvrirez à nos côtés tout au long de l’année. 

 

Pour partir du bon pied, jetons un œil sur les accomplissements de l’année 2021 en 21 images abolitionnistes fortes ! Cette année fut riche, marquée par les 40 ans de l’abolition de la peine de mort en France mais aussi par l’abolition en Sierra Leone, au Malawi et au Kazakhstan, entre autres avancées concrètes pour l’abolition sur la planète ! Malgré une situation sanitaire nécessitant toujours d’importantes précautions, ECPM a su s’adapter et porter les valeurs de l’abolition grâce à une équipe solide, des partenaires mobilisés, des bénévoles plus motivés que jamais, ses fidèles adhérents et de généreux donateurs. Retour en images sur ces moments forts et fédérateurs pour le mouvement abolitionniste.

Le Réseau des avocats contre la peine de mort organise depuis cinq ans un concours de plaidoiries. L’OMP et ECPM ont appuyé la cinquième édition de ce concours dans le cadre de leur projet conjoint au Maroc, « Renforcer les avancées vers l’abolition de la peine de mort », cofinancé par l’Union européenne, la Norvège et l’Agence Française de Développement. Le thème de cette édition était : « La plaidoirie, un art pour l’abolition de la peine de mort ».

Un appel à plaidoiries avait été lancé en novembre 2021 et des avocats femmes et hommes de tous âges et inscrits au tableau des différents barreaux du Royaume ont envoyé un dossier de candidature.

Le samedi 18 décembre 2021, la finale du concours de plaidoiries contre la peine de mort se tenait à l’Institut Supérieur de la magistrature à Rabat.

Lors de l’ouverture, plusieurs représentants d’Institutions et d’organisations de la société civile ont pris la parole pour souligner l’importance du rôle des avocats dans la défense des condamnés à mort et dans les processus visant à aller vers l’abolition de la peine de mort. Sont ainsi intervenus ; M. Jamai Abderrahim, Coordinateur du Réseau des Avocats contre la peine de mort, M. Mustapha Najmi au nom du CNDH, Mme. Fatima ezzahra ma el ainine au nom du ministère de la Justice, Mr. Mouseddad Abdellah au nom de l’OMP, la modératrice : Mme. Salwa Lmjadli, Présidente de la section de Marrakech du RACPM. Une intervention d’ouverture de Me Aminata Niakaté présidente d’ECPM a été projetée.

Le jury de cette cinquième édition était composé de hautes personnalités du monde du droit ; M. Seddiki Mohammed, M. Ali Ammar, M. Hammadi Manni, Mme. Naima El kellaf, Mme. Zahra Nassim Sabbah, Mme. Samira Inane. Le rapporteur était M. Allali Abderrahmane. 

Les 15 finalistes étaient originaires de Tanger, Safi, Marrakech, Casablanca, Fès et Agadir. Ils ont tous disposé d’un temps de parole de 15 minutes pour prononcer leur plaidoirie en public et devant le jury. Les plaidoiries ont été prononcées en langue arabe pour la majorité.

Mr. Fikri Omar de Marrakech a remporté le premier prix, Mme. Ijlal Hawlani de Tanger a remporté le second prix et Mme Soumia Alaoui de Marrakech a remporté le 3ème prix. Les vainqueurs de cette finale se sont vus remettre des attestations ainsi que des trophées, médailles et un grand livre offert par le CNDH. Ces prix ont été offerts par le CNDH et la Délégation interministérielle des droits de l’Homme.

Tous les intervenants, membres du jurys, finalistes et participants ont souligné l’importance de cette activité comme une opportunité unique de s’engager pleinement pour cette noble cause et de promouvoir le rôle des avocat(e)s pour l’abolition de la peine de mort.

 

Aujourd’hui encore, 52 États appliquent la peine de mort ; dans certains, le fait d’exprimer son opinion ou d’aimer une personne du même sexe sont même passibles de cette peine inhumaine et dégradante. Depuis plus de 20 ans, ECPM s’engage à vos côtés en affirmant haut et fort qu’aucun crime ne justifie le monopole d’un État sur la vie des personnes, et l’utilisation de cette pratique dépourvue de tout effet dissuasif. 

Pour soutenir ECPM, vous pouvez choisir entre un don ponctuel ou un don régulier sur le principe du prélèvement mensuel. La transaction en ligne est sécurisée et ne prend que quelques minutes grâce à la plateforme HelloAsso. Nous remercions chaleureusement celles et ceux qui ont pris et prendront part au grand succès de nos actions.

 

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