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« L’adoption de cette loi permet à la RCA de rejoindre la majorité des pays du monde ayant aboli la peine de mort. »

Brice Kevin Kakpayen, président de la Commission « Institutions, démocratie, judiciaire et affaires administratives »

Cette étape historique constitue l’aboutissement d’un intense travail de plaidoyer porté par la société civile menée par l’ACAT RCA et les parlementaires qu’ECPM et la FIACAT soutiennent activement depuis de nombreuses années. Par ailleurs, se concrétise aujourd’hui l’engagement de longue date des autorités de RCA en faveur de l’abolition dont la dernière exécution remonte à 1981. Le Président Faustin Archange Touadéra s’était notamment distingué par un engagement fort pris à l’occasion du discours d’investiture de son second mandat le 31 mars 2021.

ECPM et la FIACAT félicitent la société civile, dont l’ACAT RCA, pour ses actions de plaidoyer auprès autorités ainsi que pour le travail de sensibilisation de la population centrafricaine mené ces dernières années.

« Nous sommes très satisfaits, mais conscients qu’il va falloir sensibiliser la population. »

Bruno Gbiegba, Coordonnateur du plaidoyer abolitionniste de l’ACAT RCA

L’ACAT RCA, ECPM et la FIACAT félicitent les députés ainsi que les autorités de RCA pour leur engagement et pour ce progrès immense en faveur des droits humains. À la suite des récentes abolitions en Sierra Leone et au Tchad, l’abolition de la peine capitale en RCA confirme la forte tendance abolitionniste sur le continent africain.

« L’abolition de la peine de mort est un formidable symbole envoyé par les autorités centrafricaines à la communauté internationale. Désormais, nous invitons le Président Touadéra à nous rejoindre lors du 8ème congrès mondial contre la peine de mort prévu en Allemagne à Berlin cet automne, du 15 au 18 novembre prochain. »

Nicolas Perron, directeur des programmes d’ECPM

La RCA doit désormais parachever ce processus en ratifiant le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. ECPM et la FIACAT continueront de soutenir les acteurs abolitionnistes en RCA pour ces prochaines étapes.


3 QUESTIONS À… NICOLAS PERRON, directeur des programmes d’ECPM

Que représente ce vote de l’Assemblée nationale de la République Centrafricaine ?

Il s’agit d’un vote historique qui n’a rencontré aucune opposition particulière au sein de l’assemblée. Le Président Touadera a maintenant 15 jours pour promulguer la loi et la RCA deviendra le 24e État abolitionniste d’Afrique et le 110e dans le monde. Cela confirme la formidable tendance observé en Afrique qui sera sans aucun doute le prochain continent abolitionniste !  

Comment avez-vous mené ce travail de plaidoyer sur le terrain pour accompagner les acteurs locaux ?

Je tiens particulièrement à rendre hommage à l’ACAT RCA sans qui rien n’aurait été possible. En effet, ce résultat est le fruit d’un immense travail collectif mené depuis de nombreuses années par l’ACAT RCA, La FIACAT et ECPM. Les trois partenaires n’ont jamais cesser de sensibiliser les autorités sur le sujet à travers l’organisation de nombreux séminaires et la tenue de rendez-vous politiques. Malgré un moratoire sur les exécutions jamais remis en cause depuis 1981, et une participation aux deux derniers congrès mondiaux contre la peine de mort organisés par ECPM, les autorités restaient hésitantes.

Tout s’est accéléré lorsque le Président Touadera s’est engagé à abolir la peine de mort dans son discours d’investiture pour son second mandat prononcé le 30 mars 2021. L’ACAT RCA, la FIACAT et ECPM ont alors mis en place une stratégie visant à relancer la proposition de loi présentée par Roland Achille Betangai lors de la précédente législature.  Son successeur, Brice Kevin Kakpayen a accepté d’endosser la proposition et plusieurs missions de plaidoyer sur le terrain ont été menées par les trois organisations. La tenue d’un atelier au sein de la conférence des présidents à l’assemblée en mars 2022 fut décisif.

Que représente l’abolition de la peine de mort dans un pays comme la RCA ?

La RCA est ravagée par la guerre civile depuis 2013. À l’heure ou le pays tente de construire la paix, l’abolition de la peine de mort est donc un formidable symbole envoyé au reste du monde, démontrant la volonté des autorités de mettre fin au cycle infernal de la violence. Nous invitons désormais le Président Touadera à nous le rappeler lors du 8e Congrès mondial contre la peine de mort que nous organiserons à Berlin du 15 au 18 novembre prochain.

Du 29 au 31 août 2022, des représentantes d’ECPM, Chokri Latif, président de la Coalition tunisienne contre la peine de mort, Abderrahim Jamaï, coordinateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort, Zakaria Benlahrech, membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme et Fatia Maulidiyanti, directrice de KontraS (Indonésie) étaient à Genève pour participer à la pré session de l’Examen Périodique Universel organisée par UPR-info.

La délégation a pu rencontrer des représentants des missions diplomatiques afin de présenter les recommandations importantes relatives à l’abolition de la peine de mort issues des rapports alternatifs soumis en mars dernier. Des rendez-vous ont également été organisés avec des représentants du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

Chokri Latif et Fatia Maulidiyanti ont pris la parole lors des pré-sessions de la Tunisie et de l’Indonésie organisées le 31 août.

 Lire la déclation

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Une seconde mission de plaidoyer s’est déroulée mi-septembre en présence de représentantes d’ECPM et de Rivanlee Anandar, coordinateur de projet pour KontraS, en partenariat avec The Advocates for Human Rights. Les recommandations prioritaires relatives à l’abolition de la peine de mort en Indonésie, au Maroc et en Algérie ont été présentées lors d’un side-event le 15 septembre et des rendez-vous de plaidoyer ont eu lieu avec différentes missions diplomatiques à Genève.

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L’Algérie, le Maroc, l’Indonésie et la Tunisie seront examinés par leurs pairs en novembre prochain lors de la 41e session de l’EPU.

Rapports alternatifs en vue de l’examen du rapport périodique peine de mort 2022

EPU 2022 Algérie FR

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EPU 2022 Indonédie EN

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EPU 2022 Maroc FR

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EPU 2022 Tunisie FR

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Lors du dernier cycle de l’EPU :

  • La Tunisie avait reçu 18 recommandations relatives à l’abolition de la peine de mort
  • Le Maroc avait reçu 19 recommandations relatives à l’abolition de la peine de mort
  • L’Algérie avait reçu 11 recommandations relatives à l’abolition de la peine de mort
  • L’Indonésie avait reçu 31 recommandations relatives à l’abolition de la peine de mort

Le 8e Congrès mondial contre la peine de mort se déroulera à Berlin du 15 au 18 novembre prochain : plus d’un millier de participant·es venant de 90 pays sont attendu·es dans la capitale allemande pour le plus important rendez-vous des abolitionnistes. Les personnes souhaitant participer, sur place ou en ligne, pourront s’inscrire via notre nouvelle application « 8th World Congress » dès le 3 octobre.

Vous pouvez d’ores et déjà télécharger l’application (disponible sur AppStore et Google Play) ou consulter sa version web : vous y trouverez toutes les informations liées au plus grand événement abolitionniste mondial. Pour être averti.e d’un changement dans le programme ou du début d’une session, veuillez autoriser les alertes de l’application lors de sa première ouverture. 

Durant 4 jours, politiques, activistes, citoyens et citoyennes engagé·e·s se retrouveront pour débattre autour des grandes thématiques entourant la situation de la peine de mort dans le monde.

De nombreux grands témoins, des ancien·ne·s condamné·e·s à mort et des personnalités de la société civile prendront la parole durant ce Congrès dont l’épicentre sera le Radial System qui accueillera le village de l’abolition, des ateliers, des débats, des conférences avec un seul but : renforcer la lutte pour l’abolition universelle de la peine de mort.

Pourquoi un Congrès mondial ?

Comme les récents événements tendent à le démontrer, les droits, parfois difficilement acquis, peuvent être remis en cause subitement. Éviter la résurgence de la peine capitale demeure donc un enjeu majeur dans nos sociétés. Avec la montée des populismes et la radicalisation de la pensée sur les questions de sécurité dans certains États abolitionnistes, les mouvements en faveur de la peine de mort remettent régulièrement l’abolition en question.  De plus, le risque de reprise des exécutions est encore présent dans les pays non-abolitionnistes n’ayant pas pratiqué d’exécution pendant plusieurs années.

Cliquez sur l'image pour découvrir la brochure

L’abolition, une tendance mondiale

En 2021 les pays et territoires ayant totalement aboli la peine de mort sont au nombre de 108. 80 % des États membres de l’ONU n’exécutent plus et 60 % d’entre eux sont abolitionnistes. Le continent africain tend vers l’abolition : 45 des 55 pays d’Afrique sont abolitionnistes en droit ou de facto. Certaines régions du monde opposent encore des résistances à la pensée abolitionniste et continuent d’appliquer la peine de mort à grande échelle. Les cinq pays ayant pratiqué le plus d’exécutions en 2021 sont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Syrie.

 Télécharger l’affiche du Congrès

 Lire la brochure

Pour les inscriptions au Congrès et plus d’informations sur le programme à venir, veuillez consulter notre site internet www.ecpm.org et suivre nos actualités sur les réseaux sociaux.

 Plus d’informations sur le 8e Congrès mondial

 Télécharger le communiqué de Presse


 Plus d’informations sur le 8e Congrès mondial

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Cette année, c’est sur un tout nouveau terrain qu’a eu lieu la Fête de l’Humanité : au revoir le Bourget, bienvenue sur la Base 217 du Plessis-Pâté ! Le samedi, sous la pluie, comme le dimanche, au soleil, le public était au rendez-vous sur ce nouveau lieu plein de défis, relevés haut la main par les équipes d’organisation, qui, comme chaque année, ont accueilli ECPM les bras ouverts au village du monde. Les festivalièr·e·s ont été nombreux·ses à nous rendre visite sur le stand que nous partagions avec les membres du collectif Libérons Mumia !, point de rencontre pour les défenseurs·euses de Mumia. 

Cette fois, ECPM a testé un nouveau concept : le chamboule-tout, qui a remporté un franc succès et a permis de sensibiliser petit·e·s et grand·e·s aux enjeux de l’abolition universelle de la peine de mort. Le concept ? Choisir une question numérotée parmi les 10 questions proposées, viser la bonne boîte et trouver la réponse à l’intérieur. Un jeu qui a généré de nombreuses conversations autour de la réalité de cette peine cruelle et inhumaine. Pour tester ses connaissances, des quizz sur différentes thématiques, à retrouver ici, étaient également à disposition des festivalièr·e·s, leur permettant de lever des doutes ou d’affirmer leurs convictions.

ECPM souhaite remercier chaleureusement les 11 bénévoles motivé·e·s, les 6 membres de l’équipe déterminé·e·s, ainsi que celles et ceux ayant contribué à la réussite de ce rendez-vous annuel très attendu. On se retrouve l’année prochaine !

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Un message de Chloé, bénévole chez ECPM

ECPM aussi fait sa rentrée : qui dit mois de septembre, dit nouveau cycle d’interventions scolaires en prévision ! Si vous êtes sensible au sujet de la peine de mort et souhaitez agir pour défendre les valeurs de l’abolition universelle et en assurer la transmission auprès des jeunes publics, contactez-nous : nous recherchons des bénévoles pour assurer les interventions dans les collèges et lycées de France métropolitaine. En octobre prochain, à l’occasion de la 20e journée mondiale contre la peine de mort, nous aurons l’honneur d’accueillir Ndume Olatushani, ancien condamné à mort dans le Tennessee. 

Comment se déroule une intervention scolaire ?

Nos interventions se déroulent en deux temps :

  • Atelier de sensibilisation aux enjeux de l’abolition : théorie, de la peine de mort en France et à l’étranger, outils ludo-pédagogiques, débats et échanges avec les élèves sont au programme pour comprendre au mieux leur point de vue et les amener à réfléchir à la réalité de la peine de mort dans le monde.
  • Témoignage : chaque année, un·e grand·e témoin de l’abolition accompagne l’équipe d’ECPM dans les classes pour livrer son expérience. Souvent, il s’agit d’ancien·ne·s condamné·e·s à mort, ou de personnes liées de près à la peine capitale (ancien·ne·s juré·e·s, proche de condamné·e…). Il s’agit toujours d’un moment d’émotion et de partage très apprécié des élèves, qui se sentent aussitôt plus proches du combat abolitionniste. 

 Au coeur d’une intervention

Qui sera le témoin cette année ?

Ndume Olatushani / © Christophe Meireis
Ndume Olatushani / © Christophe Meireis

Pour le prochain cycle d’interventions scolaires, nous accueillerons Ndume Olatushani : condamné à mort dans le Tennessee en 1985 pour le meurtre d’un épicier lors d’un braquage, a passé 28 ans en prison dont 20 dans le couloir de la mort. Il a été détenu toutes ces années dans une cellule où il ne pouvait pas même tendre les bras, 23h par jour, et même quand il en sortait, il avait des chaînes aux pieds, « attaché comme un monstre imaginaire… », décrit-il. Pour survivre, l’art l’a aidé, lui a donné de l’espoir pour se lever chaque matin, ne pas baisser les bras, surtout après le décès brutal de sa mère deux ans après son incarcération.

Ndume témoigne qu’il a été jugé dans la ville de Memphis, dont la population était à 50% noire en 1985, mais par un jury exclusivement blanc, qui a mis moins de 4h à décider de sa culpabilité et de sa condamnation à mort. Après 20 ans de combat pour prouver son innocence, les autorités judiciaires du Tennessee lui ont proposé de recourir au plaidoyer Alford, permettant au condamné de renoncer à son acquittement officiel en l’échange de sa remise en liberté immédiate. Ndume a accepté, a été libéré en 2012, mais il a perdu son droit à la réparation pour les 28 années passées en détention alors qu’il était innocent, il a perdu son droit de vote, le véritable auteur du crime est toujours en liberté, et les jurés et procureurs ne seront jamais tenus pour responsables de sa condamnation injustifiée.

Quelles compétences pour être bénévole ?

Pour animer les interventions scolaires, le seul prérequis est d’avoir au moins 18 ans. Pour le prochain cycle, il faut être disponible entre le 19 septembre et le 14 octobre 2022 : il est tout à fait envisageable d’animer une ou plusieurs interventions !

Il n’y a pas besoin d’avoir de formation juridique ou pédagogique : ECPM assure une formation en amont afin de préparer les bénévoles et les accompagne lors de leurs premières interventions pour leur apprendre à animer, en binôme, les séances de sensibilisation et à répondre aux questions des élèves.

Comment nous contacter ?

Pour nous contacter, écrivez-nous à education@ecpm.org, en nous formulant votre demande et une brève description de vous-même et de ce qui vous motive à vous battre contre la peine de mort. On a hâte de vous rencontrer !

 Cliquez ici pour en savoir plus sur nos actions d’éducation

Le 8e Congrès mondial organisé par ECPM se déroulera à Berlin du 15 au 18 novembre prochain : plus d’un millier de participant·es venant de 90 pays sont attendu·es dans la capitale allemande pour le plus important rendez-vous des abolitionnistes. Pour en faire partie, c’est le moment de vous inscrire !


Durant 4 jours, politiques, activistes, citoyens et citoyennes engagé·es se retrouveront pour débattre autour des grands enjeux liés à la peine de mort dans le monde.

De nombreux témoins, des ancien·nes condamné·es à mort et des personnalités de la société civile prendront la parole durant ce Congrès dont l’épicentre sera le Radial System qui accueillera le village de l’abolition, des ateliers, des débats, des conférences avec un seul but : renforcer la lutte pour l’abolition universelle de la peine de mort.


Un congrès, pour quoi faire ?

Comme les récents événements tendent à le démontrer, les droits, parfois difficilement acquis, peuvent être remis en cause subitement. Éviter la résurgence de la peine capitale demeure donc un enjeu majeur dans nos sociétés. Avec la montée des populismes et la radicalisation de la pensée sur les questions de sécurité dans certains États abolitionnistes, les mouvements en faveur de la peine de mort remettent régulièrement l’abolition en question. De plus, le risque de reprise des exécutions est encore présent dans les pays non-abolitionnistes n’ayant pas pratiqué d’exécution pendant plusieurs années.

L’abolition, une tendance mondiale

En 2021 les pays et territoires ayant totalement aboli la peine de mort sont au nombre de 108. 80 % des États membres de l’ONU n’exécutent plus et 60 % d’entre eux sont abolitionnistes. Le continent africain tend vers l’abolition : 45 des 55 pays d’Afrique sont abolitionnistes en droit ou de facto. Certaines régions du monde opposent encore des résistances à la pensée abolitionniste et continuent d’appliquer la peine de mort à grande échelle. Les cinq pays ayant pratiqué le plus d’exécutions en 2021 sont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Syrie.

6e Congrès mondial, Oslo (2016)

Un message de Chloé, bénévole chez ECPM

ECPM aussi fait sa rentrée : qui dit mois de septembre, dit nouveau cycle d’interventions scolaires en prévision ! Si vous êtes sensible au sujet de la peine de mort et souhaitez agir pour défendre les valeurs de l’abolition universelle et en assurer la transmission auprès des jeunes publics, contactez-nous : nous recherchons des bénévoles pour assurer les interventions dans les collèges et lycées de France métropolitaine. En octobre prochain, à l’occasion de la 20e journée mondiale contre la peine de mort, nous aurons l’honneur d’accueillir Ndume Olatushani, ancien condamné à mort dans le Tennessee.  Comment se déroule une intervention scolaire ?

Nos interventions se déroulent en deux temps :

  • Atelier de sensibilisation aux enjeux de l’abolition : théorie, de la peine de mort en France et à l’étranger, outils ludo-pédagogiques, débats et échanges avec les élèves sont au programme pour comprendre au mieux leur point de vue et les amener à réfléchir à la réalité de la peine de mort dans le monde.
  • Témoignage : chaque année, un·e grand·e témoin de l’abolition accompagne l’équipe d’ECPM dans les classes pour livrer son expérience. Souvent, il s’agit d’ancien·ne·s condamné·e·s à mort, ou de personnes liées de près à la peine capitale (ancien·ne·s juré·e·s, proche de condamné·e…). Il s’agit toujours d’un moment d’émotion et de partage très apprécié des élèves, qui se sentent aussitôt plus proches du combat abolitionniste. 

Au coeur d’une intervention

Qui sera le témoin cette année ?

Ndume Olatushani / © Christophe Meireis Ndume Olatushani / © Christophe Meireis

Pour le prochain cycle d’interventions scolaires, nous accueillerons Ndume Olatushani : condamné à mort dans le Tennessee en 1985 pour le meurtre d’un épicier lors d’un braquage, a passé 28 ans en prison dont 20 dans le couloir de la mort. Il a été détenu toutes ces années dans une cellule où il ne pouvait pas même tendre les bras, 23h par jour, et même quand il en sortait, il avait des chaînes aux pieds, « attaché comme un monstre imaginaire… », décrit-il. Pour survivre, l’art l’a aidé, lui a donné de l’espoir pour se lever chaque matin, ne pas baisser les bras, surtout après le décès brutal de sa mère deux ans après son incarcération.

Ndume témoigne qu’il a été jugé dans la ville de Memphis, dont la population était à 50% noire en 1985, mais par un jury exclusivement blanc, qui a mis moins de 4h à décider de sa culpabilité et de sa condamnation à mort. Après 20 ans de combat pour prouver son innocence, les autorités judiciaires du Tennessee lui ont proposé de recourir au plaidoyer Alford, permettant au condamné de renoncer à son acquittement officiel en l’échange de sa remise en liberté immédiate. Ndume a accepté, a été libéré en 2012, mais il a perdu son droit à la réparation pour les 28 années passées en détention alors qu’il était innocent, il a perdu son droit de vote, le véritable auteur du crime est toujours en liberté, et les jurés et procureurs ne seront jamais tenus pour responsables de sa condamnation injustifiée.

Quelles compétences pour être bénévole ?

Pour animer les interventions scolaires, le seul prérequis est d’avoir au moins 18 ans. Pour le prochain cycle, il faut être disponible entre le 19 septembre et le 14 octobre 2022 : il est tout à fait envisageable d’animer une ou plusieurs interventions !

Il n’y a pas besoin d’avoir de formation juridique ou pédagogique : ECPM assure une formation en amont afin de préparer les bénévoles et les accompagne lors de leurs premières interventions pour leur apprendre à animer, en binôme, les séances de sensibilisation et à répondre aux questions des élèves.

Comment nous contacter ?

Pour nous contacter, écrivez-nous à education@ecpm.org, en nous formulant votre demande et une brève description de vous-même et de ce qui vous motive à vous battre contre la peine de mort. On a hâte de vous rencontrer !

Cliquez ici pour en savoir plus sur nos actions d’éducation

Les préparatifs pour le 8e Congrès mondial contre la peine de mort, qui se déroulera à Berlin du 15 au 18 novembre prochain, vont bon train. Plus d’un millier de participant·e·s venant de 90 pays sont attendu·e·s dans la capitale allemande pour le plus important rendez-vous des abolitionnistes.   Les inscriptions seront officiellement ouvertes le 3 octobre, en attendant, nous vous dévoilons les premières informations sur le programme officiel !

Durant 4 jours, politiques, activistes, citoyens et citoyennes engagé·e·s se retrouveront pour débattre autour des grandes thématiques entourant la situation de la peine de mort dans le monde.

De nombreux grands témoins, des ancien·ne·s condamné·e·s à mort et des personnalités de la société civile prendront la parole durant ce Congrès dont l’épicentre sera le Radial System qui accueillera le village de l’abolition, des ateliers, des débats, des conférences avec un seul but : renforcer la lutte pour l’abolition universelle de la peine de mort.

 

Pourquoi un Congrès mondial ?

Comme les récents événements tendent à le démontrer, les droits, parfois difficilement acquis, peuvent être remis en cause subitement. Éviter la résurgence de la peine capitale demeure donc un enjeu majeur dans nos sociétés. Avec la montée des populismes et la radicalisation de la pensée sur les questions de sécurité dans certains États abolitionnistes, les mouvements en faveur de la peine de mort remettent régulièrement l’abolition en question.  De plus, le risque de reprise des exécutions est encore présent dans les pays non-abolitionnistes n’ayant pas pratiqué d’exécution pendant plusieurs années.

 

L’abolition, une tendance mondiale

En 2021 les pays et territoires ayant totalement aboli la peine de mort sont au nombre de 108. 80 % des États membres de l’ONU n’exécutent plus et 60 % d’entre eux sont abolitionnistes. Le continent africain tend vers l’abolition : 45 des 55 pays d’Afrique sont abolitionnistes en droit ou de facto. Certaines régions du monde opposent encore des résistances à la pensée abolitionniste et continuent d’appliquer la peine de mort à grande échelle. Les cinq pays ayant pratiqué le plus d’exécutions en 2021 sont la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Syrie.

Télécharger l’affiche du Congrès Lire la brochure

Pour les inscriptions au Congrès et plus d’informations sur le programme à venir, veuillez consulter notre site internet www.ecpm.org et suivre nos actualités sur les réseaux sociaux.

Plus d’informations sur le 8e Congrès mondial Télécharger le communiqué de Presse
En vue du 8e Congrès mondial contre la peine de mort, qui aura lieu dans la capitale allemande du 15 au 18 novembre prochains, des membres de l’équipe d’ECPM ont marché aux côté de la communauté LGBTQIA+ berlinoise pour témoigner de notre soutien et célébrer l’amour dans toutes ses manifestations. Ce moment militant a été l’occasion d’ouvrir le dialogue et de sensibiliser sur la peine de mort et l’homosexualité, encore présente dans 11 pays du monde.  À propos de la campagne : 

Affirmer et vivre librement son orientation sexuelle n’est pas un crime et ne devrait nullement avoir sa place dans un Code pénal ! Pourtant, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, les législations continuent de réprimer l’homosexualité.

ECPM appelle tous les pays à respecter la liberté sexuelle de chacun

À travers sa campagne, ECPM dénonce les discriminations sexuelles et exhorte les pays qui condamnent à mort à les dépénaliser. L’association dénonce également les pays ayant une législation ouvertement homophobe comme l’Ouganda qui a plusieurs fois souhaité le rétablissement de la peine de mort pour le crime de souillure aggravée.

Un grand merci au groupe local Amnesty international Allemagne qui a accueilli nos membres dans son cortège et nous a permis d’échanger avec la militante pour les droits LGBTI+ Naana Lorbeer, ainsi qu’avec Edward Mutebi, militant ougandais, qui ont tous.tes les deux montré un grand intérêt pour notre sujet et invitent la société civile allemande et internationale à rejoindre notre combat. Rendez-vous à l’automne pour le 8e Congrès mondial contre la peine de mort !
Preparations are underway for the 8th World Congress against the Death Penalty, which will take place in Berlin from 15-18 November. More than 1,000 participants from 90 countries are expected in the German capital for the most important abolitionist meeting.

Political figures, activists and committed citizens will gather over four days, to debate major issues concerning the death penalty situation around the world.

Numerous key witnesses, former death row prisoners and civil society figures will take the floor during the Congress, whose epicentre will be the Radial System, which will host the abolition village, workshops, debates and conferences with a single objective: to strengthen the fight for universal abolition of the death penalty.

 

Why a World Congress?

As recent events have shown, rights, sometimes hard-won, can suddenly be called into question. Avoiding the resurgence of capital punishment is therefore a major concern in our societies. With the rise of populism and the radicalisation of approaches to security issues in certain abolitionist states, pro-death penalty movements regularly challenge abolition. Furthermore, the risk of resumption of executions is still present in retentionist countries that have not carried out executions for several years.

 

Abolition as a global trend

As of 2021, 108 countries and territories had completely abolished the death penalty. 80% of UN member states no longer perform executions and 60% of them are abolitionist. The African continent is moving towards abolition: 45 of the 55 African countries are de jure or de facto abolitionist. Some regions of the world still resist abolitionist thinking and continue to apply the death penalty on a large scale. The five countries with the highest number of executions in 2021 were China, Iran, Saudi Arabia, Egypt and Syria.

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