Aller au contenu

Mohamad Habash, Directeur du Centre d’études islamiques de Damas (Syrie)

En tant qu’expert dans l’étude du Coran Mohamad Habash est venu décrypter les alternatives à la peine de mort proposées par la Charia lors de la session plénière faisant l’état des lieux de la peine capitale et les attentes des militant·es abolitionnistes dans la région. « Je suis convaincu que la Charia est suffisamment souple pour éviter le châtiment corporel », a-t-il insisté lors de son intervention.

Amal Faqih, Directrice du Centre médiatique pour les droits humains et la démocratie en Palestine (SHAMS)

Amal Faqih est intervenue au 4e Congrès régional pour rappeler que la sensibilisation est un moyen d’action efficace pour lutter contre l’instrumentalisation de la peine de mort à des fins politiques. Avec son organisation SHAMS, son combat s’articule autour de deux volets : d’abord, elle vise la sensibilisation grand public en soulignant le regard des nouvelles générations sur la peine de mort à travers l’art, le témoignage ou encore le documentaire, puis elle travaille au niveau institutionnel, en produisant notamment des rapports destinés à lutter contre la désinformation sur l’utilisation de la peine de mort.

Hala Ahed, Avocate jordanienne, Lauréate du prix 2023 pour les défenseur·euses des droits humains menacé·es, décerné par Front Line Defenders

Hala Ahed a modéré la session consacrée aux différents groupes de populations (minorités ethniques et de genre, les étrangè·res, les femmes, les enfants et les travailleur·euses migrant·es) affectés de manière disproportionnée par la peine de mort. Elle a notamment interrogé les panelistes sur les moyens de faciliter l’accès à l’aide juridique et le renforcement de l’impartialité du système juridique pour éviter toutes formes de discriminations.

Alexis Le Cour Grandmaison, Ambassadeur de France en Jordanie (France)

Alexis Le Cour Grandmaison est intervenu lors de l’ouverture du congrès régional, pour rappeler que l’abolition universelle de la peine de mort constitue l’une des priorités de la diplomatie française et européenne, qu’elle aborde toutefois avec beaucoup de modestie, étant l’un des derniers pays d’Europe à avoir retiré la peine de mort de son code pénal.

Suzanne Jabbour, Présidente du sous-comité des Nations Unies pour la Prévention de la torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants

Appelant l’ensemble des États à ratifier le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture, Suzanne Jabbour a profité de son passage à Amman pour promouvoir la concertation internationale et souligner l’importance de renforcer les standards internationaux, même s’ils interviennent après la souveraineté de chaque État.

Asem Rababa, Président du Centre d’études sur les droits humains (Adaleh), Jordanie

Asem Rababa, représentant de l’association Adaleh, partenaire d’ECPM en Jordanie, a pu émettre de nombreuses recommandations quant aux politiques de sensibilisation sur les mauvaises pratiques amenant à l’application de la peine capitale. Il propose notamment de travailler main dans la main avec les médias jordaniens pour promouvoir une culture de la tolérance et de respect des droits humains.

François Croquette

Pourquoi vous-êtes vous engagé avec ECPM ?

J’étais adolescent quand la peine de mort a été abolie en France. Et je me souviens de mon effroi en réalisant que, dans mon pays, on pouvait encore condamner un être humain à avoir la tête tranchée. Beaucoup plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer Robert Badinter peu après ma nomination comme Ambassadeur chargé des droits de l’Homme. J’ai mesuré pendant cet entretien à quel point l’abolition avait inspiré mon parcours personnel et professionnel. Trois ans après avoir achevé ce mandat, j’ai voulu prolonger cet engagement en mettant mon expérience au service d’une association que j’ai vue œuvrer partout dans le monde pour porter le message abolitionniste.

En quoi le combat contre la peine de mort est-il toujours pertinent ?

Grâce au travail d’ECPM et d’autres ONG, la peine de mort est en recul dans le monde, mais elle reste appliquée dans plus de 50 pays, parfois dans le plus grand secret. Nous ne connaissons même pas le nombre exact d’exécutions en Chine ! Et les sinistres pendaisons orchestrées cette année par le régime iranien ont démontré que la peine capitale restait un instrument de répression contre la liberté des peuples. Plus que jamais, il nous appartient donc de démontrer que la peine capitale est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit et d’exiger son abolition universelle.

Événement
juin 2023
L’assemblée générale annuelle d’ECPM s’est tenue le 20 juin pour faire le bilan de la…

En tant que militant et ancien Ambassadeur français aux droits de l’Homme, où se situe aujourd’hui le combat des droits humains dans le monde ? Quels sont les principaux défis qui nous attendent pour les prochaines années ?

Force est de constater que le combat pour les droits humains est devenu plus difficile, face à des pays qui ne cachent plus leur ambition de redéfinir l’ordre mondial au détriment des droits fondamentaux. Rien n’est jamais acquis et nous ne sommes pas à l’abri d’un retour en arrière – même en Europe où nous voyons se multiplier les remises en cause de la Convention européenne des droits de l’Homme, le texte qui fonde l’abolition sur notre continent. Mon expérience m’a appris qu’il ne faut jamais baisser la garde. Lorsque nous le faisons, comme cela a été le cas trop longtemps face au régime de Vladimir Poutine, nous payons toujours ces renoncements au prix fort.


Vous souhaitez vous engager contre la peine de mort ? Comme tous les ans, ECPM appelle les volontaires à se mobiliser pour aider les équipes à sensibiliser les festivalièr·es aux enjeux de l’abolition de la peine de mort. Engagez-vous avec nous, on vous invite à la fête !

Pour vous inscrire ou obtenir plus d’informations, écrivez dès maintenant à education@ecpm.org

Toute l’équipe d’ECPM a hâte de vous rencontrer… ou de vous retrouver !


Exposition des affiches lauréates de la 6e édition du concours « Dessine-moi l’abolition » et annonce du prix de la jeunesse décerné par la promotion 2023 de la formation « La mort n’est pas la justice » à Issa Samba de l’Institut des beaux-arts de Kisangani en République démocratique du Congo

Au cours de ces deux jours, 18 intervenant·e·s ont partagé leurs savoirs et expériences au sein du Centre européen de la Jeunesse devant une salle comble composée des futur·e·s acteurs·rices de l’abolition universelle de la peine de mort.  

Christos Giakoumopoulos, directeur général droits humains et État de droit au Conseil de l’Europe, Marie Fontanel, Ambassadrice, Représentante permanente de la France au Conseil de l’Europe et Nicolas Perron, directeur des programmes d’ECPM, se sont ainsi partagés la chaire pour formaliser la cérémonie d’ouverture de cette première édition de la formation « La mort n’est pas la justice ». Si plusieurs rappels ont été fait sur l’inquiétude de la résurgence de la peine de mort dans de nombreux pays, c’est surtout beaucoup d’espoir et de fierté qui sont ressortis des différents discours, rappelant à cette première promotion que toutes et tous représentent l’avenir de la cause abolitionniste. 

Des conférences et activités sur l’abolition de la peine de mort en Europe et sur la peine de mort dans le monde ont ensuite rythmé la matinée. Sergey Dikman, conseiller juridique et responsable d’unité au Conseil de l’Europe, Solène Paloma, chargée de projets éducation à ECPM, Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer pour Amnesty international France et le Juge à la Cour Européenne des droits de l’Homme Latif Hüseynov se sont succédé·e·s pour aborder ces différentes thématiques. 

À l’occasion du mois des fiertés, la thématique « Minorités sexuelles, discriminations fondées sur le genre et la peine de mort » fut elle aussi abordée lors de cette première journée. Suite aux présentations par Laure Boukabza, responsable du programme Education à ECPM, de la campagne S’aimer n’est pas un crime ainsi que du rapport « 10 questions pour mieux comprendre la peine de mort pour les personnes LGBTQIA+ », Edward Mutebi, défenseur des droits de l’Homme, activiste LGBTQIA+ et fondateur de l’organisation Let’s Walk Uganda, a réagi à l’adoption de la loi rendant l’homosexualité passible de peines allant de 20 ans de prison à la peine de mort et expliqué le rôle des activistes dans cette lutte contre le regain de la peine de mort en Ouganda et dans le reste du monde.

La journée fut clôturée par les interventions de Mehdi Faiez, chargé de production pour Prison Insider, sur les conditions de détention des condamné·e·s à mort et de Joaquin José Martinez, ancien condamné à mort aux Etats-Unis. Condamné à la peine capitale pour un double meurtre puis acquitté après avoir passé plus de 3 ans dans le couloir de la mort, Joaquin José Martinez a partagé avec l’assemblée son expérience du couloir de la mort et sa profonde émotion de voir la jeunesse s’engager sur cette thématique :  « Si j’ai l’habitude de raconter mon histoire, je le fais habituellement devant des publics qu’il faut convaincre. Ici, vous l’êtes déjà, et je suis ému de voir qu’autant de jeunes sont engagés sur cette thématique et que l’abolition universelle se rapproche grâce à vous ». Sa femme, Jessica Llorens Cortes, été également présente pour l’accompagner et apporter la vision des proches de condamné·e·s à mort.  

Le vendredi, la formation s’est poursuivie par l’intervention conjointe de Maîtres Sandrine Dacga et Richard Sédillot qui ont partagé leurs expériences d’avocat·e·s de condamné·e·s à mort et qui ont également expliqué l’importance du rôle de l’avocat·e dans le processus abolitionniste.

Glenn Payot, consultant auprès des Nations Unies, chargé de plaidoyer ONU pour la Coalition Impact Iran et représentant de Minority Rights Group International auprès de l’ONU, a ensuite présenté les différentes méthodes de plaidoyer, pour que les 35 jeunes puissent ensuite les mettre en application lors du jeu de rôle du vote de la résolution des Nations Unies appelant à un moratoire universel sur l’application de la peine de mort.

La dernière session de la journée fut consacrée à la sensibilisation à l’abolition de la peine de mort à travers l’art. Amelia Inglis, étudiante en doctorat de droit et initiatrice de l’exposition « Voices from death row » est venue expliquer le processus de création de son exposition aux jeunes citoyen·ne·s européen·ne·s. Cette session fut également l’occasion d’annoncer les résultats du concours Dessine-moi l’abolition et de profiter des 50 affiches lauréates qui furent exposées au sein du Centre européen de la Jeunesse pour l’occasion. Pour la première fois de l’histoire du concours, un prix de la jeunesse a également été décerné par les jeunes participant à la formation « La mort n’est pas la justice » à Issa Samba de l’Institut des beaux-arts de Kisangani en République démocratique du Congo.

C’est finalement Marta Saraiva, Représentante permanente adjointe à la Mission du Portugal auprès du Conseil de l’Europe, Sebastien Potaufeu, Représentant permanent adjoint à la Mission de la France auprès du Conseil de l’Europe et Sergey Dikman qui se sont chargés de clôturer ces deux jours de formation au plaidoyer et à la sensibilisation à l’abolition de la peine de mort avec la promesse que cette première édition ne serait pas la dernière !

Mohamed El-Baradei, ancien vice-président de l’Égypte et lauréat du prix Nobel de la paix en 2005

Environ 200 congressistes ont participé au quatrième Congrès régional sur la peine de mort dans la capitale jordanienne, apportant chacune et chacun leurs points de vue sur l’abolition de la peine capitale dans la région. Les débats se sont soldés par une déclaration finale co-rédigée par l’ensemble des participant·es, émettant une série de recommandations adressées aux gouvernements du Moyen-Orient, aux juges, aux journalistes et aux acteurs de la société civile les encourageant à se mobiliser pour l’abolition de la peine capitale.

Événement
juillet 2023
À l’issue de deux jours de discussions et de débats intenses, le 4e Congrès régional…
Omad Abbad de la Crescendo Music and Art Academy jouant du Oud lors de la session de clôture (Photo : Rajiv Raman)

Fruit d’un partage d’expertises et de témoignages, cette déclaration servira de feuille de route aux acteurs abolitionnistes pour construire leur plaidoyer autour d’intérêts communs et inviter les jeunesses de la région à se mobiliser pour l’abolition de la peine de mort dans leurs pays.

La première journée des débats avait rassemblé plus de 180 personnes mais ce sont au total plus de 200 congressistes qui ont participé à ce rendez-vous inédit à Amman. Contextualiser le combat contre la peine de mort dans la région et établir clairement les obstacles et les enjeux lors de la première journée a permis d’élargir le sujet à trois grandes thématiques abordées lors des séances plénières le deuxième jour. Comment la justice est-elle administrée par les gouvernements du Moyen-Orient ? Quels impacts la peine de mort a-t-elle sur la population ? Quels outils, quels supports utiliser pour sensibiliser le plus grand nombre ?

Table ronde « Administration de la justice » (Photo : Rajiv Raman)

Ainsi, des juges, des activistes, ou encore des témoins, comme Antoinette Chahine, anciennement condamnée à mort au Liban, se sont succédé pour faire part de leurs expériences et exposer leurs recommandations. Layth Abdulamir, réalisateur du documentaire La larme du bourreau était également présent pour rappeler l’importance de documenter le combat pour contrebalancer le manque de transparence et l’instrumentalisation de la peine capitale. Témoin de l’exécution de quatre prisonniers alors qu’il était enfant, il qualifie aujourd’hui de « barbare » cette peine sur laquelle il ne pouvait mettre de mots à l’époque et rappelle que l’attente de la mort elle-même constitue déjà une torture.

Trois ateliers ont ensuite clôturé la deuxième journée, permettant aux congressistes de se concentrer sur les obstacles à l’abolition de la peine de mort dans les pays en conflit ou sortant d’un conflit, les stratégies de documentation ou la préparation des éléments permettant d’attirer l’attention sur l’utilisation de la peine de mort lors l’Examen Périodique Universel des pays du Moyen-Orient.

Nadine Moubarak, militante abolitionniste de l’Abolition Now Tour Liban et membre du comité académique (Photo: Rajiv Raman)

La session de clôture de ce 4e Congrès régional contre la peine de mort, lors de laquelle la déclaration finale a été corédigée, a été ouverte par un discours fort de Nadine Moubarak, militante participante de l’Abolition Now Tour Liban et membre du comité académique, véhiculant un message de paix en hommage à Walid Slaiby militant de la non-violence disparu plus tôt cette année : « Résistez à la violence par la non-violence, et à la peine de mort par la vie ».

Les bénévoles du 4e Congrès régional aux côtés de membres de l’équipe d’ECPM

ECPM et ses partenaires se félicitent de cette rencontre, accueillie avec beaucoup d’engouement et de respect dans la capitale jordanienne, et remercie une nouvelle fois l’ensemble des congressistes, des bénévoles et des invités pour leur engagement et la richesse des échanges. Pour retrouver plus de photos de l’évènement, rendez-vous ici !

Event
juillet 2023
Nous y sommes : plus de 180 participant·es de 15 pays se sont déplacées ce…
Clap de fin pour le 4e Congrès Régional sur la Peine de mort au Moyen-Orient – Adoption de la déclaration finale (Photo : Rajiv Raman)

« Ce congrès est le début d’une nouvelle prise de conscience au Moyen-Orient sur l’abolition de la peine de mort, qui suivra le reste du monde » espère Raphaël Chenuil-Hazan, Directeur général de ECPM, initiateur de ce projet.

Plus de deux cent participant.es, en provenance d’une douzaine de pays, ont convergé vers Amman les 11 et 12 juillet pour discuter de la question. C’est la première fois qu’Ensemble contre la peine de mort et ses partenaires, Penal Reform International et Adaleh, Center for Human Rights Studies, organisent un tel événement.

Pour Haitham Shibli, directeur adjoint de Penal Reform International « le fait que la Jordanie accueille un congrès comme celui-là est un signal politique fort qui ouvre la voie à une possible abolition de la peine de mort dans le pays à moyen terme.»

L’événement aura permis à plus d’une cinquantaine d’expert·es dont plusieurs avocat·es, juges, universitaires, représentant·es d’ONG, diplomates et journalistes de pays aussi divers que le Bahreïn, l’Égypte, l’Irak, l’Iran, la Jordanie, le Koweït, le Liban, Oman, la Syrie, la Palestine, l’Arabie saoudite et le Yémen.

La présidente d’ECPM Aminata Niakaté se dit pour sa part relativement optimiste à l’issue de la manifestation puisque « Sur les 57 États membres de l’Organisation de Coopération Islamique 20 ont aboli la peine de mort et 12 ont déjà établi un moratoire.  Ces chiffres battent en brèche l’idée reçue selon laquelle la peine de mort est intimement liée aux pays musulmans et que son abolition est donc impossible. »

Dans leur déclaration finale, les congressistes souhaitent aussi un engagement plus important de la société civile du Moyen-Orient et invite sa jeunesse à se mobiliser fortement pour l’obtention de l’abolition universelle le plus rapidement possible.


Contact presse :                                                                                                                                               bleblanc@ecpm.org   +33 7 70 11 12 43

Événement
juillet 2023
À l’issue de deux jours de discussions et de débats intenses, le 4e Congrès régional…

« Une première dans la région », a souligné Aminata Niakaté, Présidente d’ECPM qui a ouvert l’évènement en appelant tous les acteurs abolitionnistes à se réunir et à ouvrir le dialogue dans la région pour nourrir l’espoir de l’abolition et rappeler que malgré des enjeux géopolitiques complexes, 20 pays membres de l’OCI ont aboli la peine de mort en droit et en pratique, et 12 ont établi un moratoire sur les exécutions.

Nos partenaires Taghreed Jaber, Directrice régionale de Penal Reform International et Asem Rababa, Directeur de Adaleh Center for Human Right Studies, ont également pris la parole pour exposer les défis auxquels sont confronté·es les défenseurs·euses des droits humains dans la région et leurs attentes vis-à-vis d’une telle rencontre.

La journée a continué avec une première séance plénière visant à contextualiser le combat contre la peine de mort au Moyen-Orient, suivie d’une table-ronde portant sur le cadre juridique de la peine capitale notamment en Egypte, en Iran et en Arabie Saoudite. Deux ateliers de travail en plus petits comités consacrés au combat des avocat·es et des médias ont clôturé la journée.

ECPM remercie chaleureusement toutes celles et ceux ayant contribué à la réussite de cette première journée, notamment nos panelistes, nos équipes de bénévoles, la Crescendo Music and Art Academy pour les interludes musicales et les équipes d’interprètes assurant la bonne compréhension des échanges pour toutes et tous. Rendez-vous dès demain pour une nouvelle journée de débats !

Événement
juillet 2023
Sarah Hajjar mène depuis plusieurs années des campagnes et événements pour des organisations non gouvernementales…
Sarah Hajjar, Coordonnatrice du 4ème Congrès régional sur la peine de mort au Moyen-Orient

Pourquoi avoir choisi Amman pour ce 4ème Congrès régional?

Le choix du Moyen-Orient s’est imposé naturellement pour ECPM après un Congrès régional en Afrique du Nord (Rabat, 2012), en Asie (Kuala Lumpur, 2018) et en Afrique subsaharienne (Abidjan, 2018). Notre ONG observe avec attention les contrastes au Moyen-Orient. Ainsi, certaines situations sont plutôt encourageantes notamment au Liban, en moratoire depuis près de 10 ans, ou encore en Jordanie où les exécutions sont suspendues depuis plus de 5 ans et où le plaidoyer abolitionniste continue de fédérer. Certains pays de la région ne connaissent que très peu d’exécutions. D’autres pays représentent en revanche un challenge absolu, à l’instar de l’Iran, ou de l’Arabie Saoudite qui font partie des Etats qui appliquent massivement la peine de mort et dans lesquels le système judiciaire manque totalement d’indépendance. ECPM envisage de renforcer son action dans la région d’où l’importance de ce Congrès à Amman organisé main dans la main avec la société civile, dont nos partenaires, Penal Reform International et Adaleh Center for Human Rights Studies. 

Quelles seront les points saillants de l’événement ?

Ce Congrès est une grande première dans la région où le sujet est particulièrement sensible et tabou. Il s’agit du tout premier rendez-vous du genre dans la région. Nous attendons environ 200 participants de 15 pays de la région pour ce Congrès qui va rassembler la société civile et notamment des avocats, juges, chercheurs, étudiants, témoins, défenseurs des droits, représentants institutionnels et associatifs et des journalistes. Le Congrès s’adresse également à la jeunesse que nous invitons et qui est notamment représentée dans le comité scientifique par deux jeunes femmes engagées, dont une ayant participé à notre campagne de mobilisation internationale, « Abolition Now Tour« , organisée par ECPM l’année dernière. Le programme académique offrira des espaces de réflexion sur la situation de la peine de mort dans les différents pays de la région notamment autour des stratégies pour avancer vers des évolutions positives, de la sensibilisation de l’opinion public, du rôle du système judiciaire, des avocats et des médias. 

Événement
juin 2023
C’est aujourd’hui que débutent les inscriptions pour le 4e Congrès régional sur la peine de…

Quels sont les objectifs d’ECPM pour ce Congrès régional ?

Le principal objectif est de semer des graines pour nourrir une réflexion sur la peine de mort dans une région aux contextes très difficiles. Ce congrès est une invitation à mener une réflexion collective et inclusive sur les stratégies et pistes d’avancées possibles au Moyen-Orient, en offrant des espaces de dialogues et en renforçant le réseau abolitionniste de la région. Il s’agira ensuite sur le moyen et long terme de suivre et soutenir les initiatives locales qui vont dans le sens de l’abolition de la peine de mort et plus largement de l’amélioration du système de justice dans ces pays.   


Lisez l’interview de Sarah Hajjar en arabe
Duaa Dhainy, Chercheuse et chargée de plaidoyer à l’ESOHR et membre du comité académique du 4e Congrès régional sur la peine de mort

Qu’attendez-vous de votre participation au Congrès régional sur la peine de mort au Moyen-Orient ?

En participant à ce Congrès régional, l’Organisation européenne saoudienne pour les droits humains (ESOHR) espère emmener la question de la peine de mort en Arabie saoudite au devant du débat et sensibiliser à la réalité de ce châtiment à la lumière de la menace permanente qui pèse sur la vie de dizaines de personnes dans ce pays. En outre, l’ESOHR espère renforcer son réseau en créant des liens avec les personnes intéressées dans le monde entier et notamment avec les organisations des pays de la région capables de comprendre la complexité de la question de la peine de mort dans ces pays.

Quelle est la situation de la peine de mort au Moyen-Orient ?

Les pays du Moyen-Orient sont les principaux pays qui appliquent encore la peine de mort dans le monde, et l’Arabie saoudite figure sur la liste des pays qui l’appliquent le plus, compte tenu de l’absence de progrès sérieux en ce qui concerne la limitation de l’application de cette peine. En outre, les lacunes des systèmes judiciaires, le manque de transparence et les barrières imposées à la société civile dans ces pays sont autant de facteurs supplémentaires qui renforcent l’application de la peine de mort dans les pays du Moyen-Orient.

Pourquoi la peine de mort est-elle toujours un sujet sensible dans la région?

Des facteurs culturels, religieux et politiques se superposent, faisant de la peine de mort un sujet sensible dans la région et rendant plus difficile les efforts pour en faire diminuer l’application. Les obstacles auxquels sont confrontés la société civile et les défenseurs des droits humains confirment que le chemin est encore long et sinueux, et que les efforts doivent être combinés pour essayer de mettre fin à la peine de mort.

Événement
juin 2023
C’est aujourd’hui que débutent les inscriptions pour le 4e Congrès régional sur la peine de…