Aller au contenu

S’aimer n’est pas un crime

Affirmer et vivre librement son orientation sexuelle n’est pas un crime et ne devrait nullement avoir sa place dans un Code pénal ! Pourtant, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, les législations continuent de réprimer l’homosexualité.

ECPM appelle tous les pays à respecter la liberté sexuelle de chacun·e

À travers sa campagne, ECPM dénonce les discriminations sexuelles et exhorte les pays qui condamnent à mort à les dépénaliser. L’association dénonce également les pays ayant une législation ouvertement homophobe, comme l’Ouganda, qui a plusieurs fois souhaité le rétablissement de la peine de mort pour le crime de souillure aggravée. Depuis 2005, ECPM se joint à la Marche des fiertés de Paris pour soutenir la communauté LGBTQIA+

11 pays condamnent à mort pour homosexualité

11 pays dans le monde prévoient encore dans leur système légal la possibilité de condamner à mort l’homosexualité : Afghanistan, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Iran, Mauritanie, Qatar, Nigeria, Pakistan, Somalie, Yémen et Brunei (le Soudan, ayant supprimé cette peine en juillet 2020, ne fait désormais plus partie de cette liste).

S’il est presque impossible de comptabiliser le nombre d’exécutions pour ce motif très difficile à démontrer en pratique, il est certain que des exécutions d’homosexuel·les, en particulier en Iran, ont été camouflées sous d’autres infractions telles que le trafic de drogue.

Carte de la criminalisation de l'homosexualité dans le monde 2021
Criminalisation de l’homosexualité : de la prison à la peine de mort

Zoom sur les législations des 11 pays dans lesquels l’homosexualité est passible de la peine de mort

  • Afghanistan : bien que le code pénal afghan ne contienne aucune disposition explicite interdisant les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe, l’article 130 de la Constitution permet de recourir à la charia. Ainsi tout rapport sexuel hors mariage peut faire l’objet d’une condamnation à mort.
  • Arabie-Saoudite : en vertu de la charia, les rapports sexuels entre hommes constituent un délit, sans que la peine ne soit clairement spécifiée. Toutefois, même si la peine à imposer peut faire l’objet de débats entre les tribunaux, étant donné que les relations sexuelles hors mariage* sont dans tous les cas illégales, la peine pour un homme marié est généralement la lapidation (et de 100 coups de fouet ainsi qu’un exil d’un an pour un homme célibataire).
  • Brunei : en mai 2014 a été programmée une nouvelle législation qui instaure la charia dans le pays, faisant de l’homosexualité un crime passible de peine de mort alors que la peine précédemment prévue allait jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Cette révision du Code pénal, adoptée en avril 2019, peut faire craindre une reprise des exécutions, alors qu’un moratoire dure depuis 1957.
  • Émirats-Arabes-Unis : en vertu de la charia, tout acte sexuel en dehors du mariage est puni de mort. Les États d’Abu Dhabi et de Dubaï disposent de lois fédérées qui spécifient des peines d’emprisonnement pour sodomie (respectivement 14 et 10 ans de prison).
  • Iran : le Code pénal de 1991 fait de la sodomie un crime passible de peine de mort pour les hommes adultes, responsables et consentants. Cent coups de fouet sanctionnent l’homosexualité féminine pour les 3 premières infractions constatées, puis à la 4e, la peine capitale s’applique.
  • Mauritanie : malgré le moratoire sur les exécutions observé depuis 1987, l’article 308 du Code pénal précise que « tout musulman majeur qui aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe sera puni de peine de mort par lapidation publique ». Pour les femmes, la peine correspond à 2 ans de prison et une amende.
  • Nigeria : en vertu de la charia, 12 États du nord du pays condamnent à mort l’homosexualité masculine. Les femmes encourent des peines d’emprisonnement ou de flagellation. Depuis janvier 2014, la loi criminalise le mariage de couples de même sexe, les organismes liés à des personnes LGBT+ et les relations amoureuses publiques. Dans les États qui ne répriment pas aussi durement l’homosexualité, les peines vont aujourd’hui de 10 à 14 ans de prison.
  • Qatar : rendue illégale par le Code pénal de 1860, l’homosexualité est passible de peine de mort. Dans ce pays appliquant la charia, l’homosexualité, la bisexualité et la transidentité sont profondément tabous.
  • Pakistan : le Code pénal de 2004 ne fait plus de la sodomie ni d’autres relations sexuelles entre personnes de même sexe consentantes des crimes en soi. Néanmoins, les tribunaux peuvent aussi se référer directement à la charia et ainsi condamner à mort les hommes musulmans pour des rapports homosexuels.
  • Somalie : la charia est appliquée dans le sud de la Somalie, dans les émirats contrôlés par Al-Shabbaab, ainsi qu’au Somaliland. Elle punit les relations entre personnes de même sexe de mort ou de flagellation.
  • Yémen : En application de l’article 264 du Code pénal de 1994, la sodomie est punie par la mort par lapidation pour les hommes mariés (et de 100 coups de fouet ou d’un an d’emprisonnement pour un homme non marié). L’article 268 punit les rapports sexuels entre femmes consentantes jusqu’à 3 ans de prison.

Testez vos connaissances: faîtes le quiz !

ECPM vous propose d’en apprendre plus sur les droits des personnes LGBTQIA+ dans le monde avec ce quizz interactif, disponible en cliquant ici.