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Participants of the 5th Regional Congress on the death penalty in East Asia during the opening ceremony, Rissho University
Participants du Congrès régional lors de la cérémonie d’ouverture, Université Rissho

Réunissant plus de 300 participants venus du Japon, de Chine, de Mongolie, de Corée du Sud, de Corée du Nord, de Taïwan, de Malaisie et de Singapour, ainsi que d’Europe et des Amériques, le congrès a constitué un forum essentiel pour le dialogue entre avocats, parlementaires, représentants des Nations unies, acteurs de la société civile et témoins.

Couverture des Actes du 5e Congrès régional à Tokyo
Actes du 5e Congrès régional contre la peine de mort – Tokyo 2025

Les discussions tout au long de l’événement ont mis en évidence le besoin urgent de transparence, de réforme de la justice et de coopération régionale, en particulier en Asie de l’Est, l’une des régions les plus difficiles au monde en matière de peine capitale.

Des exécutions qui se poursuivent en Chine et en Corée du Nord aux signes de progrès en Corée du Sud et à Taïwan, en passant par l’abolition en Mongolie et la fin des condamnations à mort obligatoires en Malaisie, les pays asiatiques sont confrontés à des défis importants, mais nourrissent également un réel espoir d’aboutir à l’abolition universelle.

Infographie – la peine de mort en Malaisie (2024)
La peine de mort en droit et en pratique au Japon
La peine de mort en droit et en pratique à Taiwan
La peine de mort en droit et en pratique en Corée du Sud
La peine de mort en droit et en pratique en Chine

Lors de l’événement organisé à Tokyo, les congressistes asiatiques ont défini les priorités clés à développer lors du Congrès mondial qui se tiendra en juin 2026 à Paris :


• Lutter pour la transparence : développer des réseaux multidisciplinaires reliant avocats, journalistes, universitaires et acteurs de la société civile afin de révéler les réalités cachées et de renforcer la responsabilité.
• Construire un discours positif : promouvoir des stratégies de communication publique et de narration qui humanisent les personnes concernées et remettent en question les attitudes bien ancrées.
• Aborder la question de la santé mentale : créer des réseaux de soutien par les pairs et des initiatives de partage d’expériences entre les familles, les défenseurs des droits humains et les anciens prisonniers.
• Donner du pouvoir aux voix clés : renforcer la capacité et l’engagement des politiciens, des parlementaires et des journalistes dans la promotion de l’abolition.
• Comprendre et influencer l’opinion : mener des enquêtes et des recherches pour mieux cerner les attitudes du public et favoriser un débat éclairé.

À l’échelle mondiale, le mouvement en faveur de l’abolition poursuit sa progression régulière : deux tiers des États membres de l’ONU ont aboli la peine de mort dans leur législation et près des trois quarts ont cessé les exécutions, ce qui fait que ceux qui continuent à exécuter des condamnés ne représentent plus qu’une petite minorité. Cette évolution place le débat au cœur des sociétés modernes, en particulier dans les démocraties asiatiques.

L’Asie reste la région la plus difficile dans ce domaine, car elle continue d’être le continent qui compte le plus grand nombre d’exécutions dans le monde. Nous espérons que ce congrès à Tokyo encouragera la réflexion et le débat, nous aidant à progresser vers la fin de la peine de mort.

Aminata Niakaté, Présidente d’ECPM
Aminata Niakate, Discours inaugural 5CR Tokyo
Aminata Niakaté, Présidente d’ECPM lors de son discours inaugural

Un hommage particulier a été rendu à Hideko Hakamata, sœur d’Iwao Hakamata, acquitté en 2024 après avoir passé 46 ans dans le couloir de la mort, dont le témoignage a profondément ému les participants. L’installation « Les lettres de Hakamata », présentée pendant le congrès, exposait des fragments des 5 000 lettres d’Iwao — une réflexion artistique puissante sur l’endurance humaine et l’injustice.

Je ne veux pas qu’Iwao soit le seul à bénéficier de notre soutien. Il y en a tant d’autres qui ont été injustement condamnés. J’espère que nous pourrons unir nos forces pour obtenir justice pour tous

Hideko Hakamata

Je pense que l’enthousiasme suscité par cette conférence reflète l’isolement ressenti par les abolitionnistes au Japon, en particulier les avocats, qui ont beaucoup de mal à défendre leur cause alors que la population semble si fortement favorable à la peine de mort. L’intérêt de ce type d’événement réside dans sa capacité à briser cet isolement extrêmement oppressant.

Richard Sédillot, avocat et porte-parole d’ECPM

Enfin, le Congrès a également été l’occasion de faire émerger une nouvelle génération d’abolitionnistes, avec le concours d’éloquence “Comment abolir la peine de mort au Japon ?”. Sorane Sakihama, une jeune étudiante japonaise en droit à l’Université d’Okinawa, s’est attribuée le grand prix, aux côtés de cinq autres finalistes.

Étape importante dans le mouvement abolitionniste mondial, le congrès de Tokyo a ouvert la voie du 9e Congrès mondial contre la peine de mort, qui s’est tenu à Paris, du 30 juin au 2 juillet 2026.

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En images
novembre 2025
Le 5e Congrès régional sur la peine de mort a débuté vendredi 7 novembre par…
Événement
octobre 2025
Le prochain Congrès régional d’ECPM approche à grands pas et il aura lieu au Japon…
Aminata Niakate, Discours inaugural 5CR Tokyo
Discours inaugural d’Aminata Niakate, Présidente d’ECPM, lors du 5e Congrès sur la peine de mort à Tokyo, Université de Rissho

Discours inaugural d’Aminata Niakaté, présidente d’ECPM

C’est un honneur et un immense plaisir d’être ici devant vous dans ce pays à l’histoire et la culture si remarquables ! Je suis ravie car, pour la première fois en 25 ans d’existence, nous organisons, avec nos partenaires locaux, un événement sur la peine de mort en Asie de l’Est.

ECPM – Ensemble contre la peine de mort est une organisation non gouvernementale et l’une des principales organisations de lutte pour l’abolition universelle de la peine de mort, qui a également fondée la Coalition mondiale contre la peine de mort.

Tous les trois ans, nous organisons le plus grand rassemblement abolitionniste au monde : le Congrès mondial contre la peine de mort. La prochaine édition aura lieu à Paris, du 30 juin au 2 juillet 2026.

Communiqué de presse
juillet 2026
Réuni·es pendant trois jours à Paris, plus de 1 300 acteur·ices venu·es d’une centaine de…

Ce congrès régional, ici à Tokyo, constitue une étape clé vers cet événement mondial majeur, qui se concentrera particulièrement sur la situation de la peine de mort dans cette partie du monde. L’Asie reste la région la plus difficile dans ce domaine, car elle continue d’être le continent où le nombre d’exécutions est le plus élevé au monde. La Chine reste le premier pays au monde en termes d’exécutions, avec un nombre supérieur à celui de tous les autres pays réunis, tout en maintenant le secret sur ses statistiques relatives à la peine de mort. Parallèlement, on observe une tendance mondiale à l’abolition, et la région de l’Asie de l’Est doit s’inscrire dans ce mouvement mondial.

Illustration du 5e Congrès régional de Tokyo

Il y a en fait des raisons d’espérer dans ce domaine.

En Asie de l’Est, la Mongolie a aboli la peine de mort.

La Corée du Sud y travaille activement et Taïwan a pris des mesures positives ces dernières années.

Au Japon, le débat public a été bouleversé en 2024, lorsque Iwao Hakamata, le condamné à mort ayant passé le plus de temps dans le couloir de la mort au monde (condamné à mort depuis 1968), a été déclaré innocent, 56 ans après sa condamnation.

Son histoire a profondément marqué la société japonaise et le monde entier. Nous sommes honorés que sa sœur, Hideko Hakamata, vienne témoigner lors de la cérémonie d’ouverture.

Hideko Hakamata lors du 5e Congrès régional sur la peine de mort à Tokyo
Hideko Hakamata lors du 5e Congrès régional sur la peine de mort à Tokyo, Université de Rissho

Nous espérons que ce Congrès de Tokyo encouragera la réflexion et le débat, nous aidant ainsi à progresser vers l’abolition de la peine de mort.

Au nom de l’ECPM, je tiens à vous remercier chaleureusement d’être tous ici présents.

Je tiens également à remercier nos partenaires – CPR, JFBA et ADPAN – sans lesquels ce cinquième congrès régional n’aurait pas pu avoir lieu.

Je remercie également sincèrement les co-sponsors de cet événement : la France, l’Union européenne et la Suisse. Rien de tout cela n’aurait été possible sans votre soutien.

Bien sûr, ma gratitude va également à tous nos partenaires locaux et aux organisations de la société civile japonaise qui ont contribué à promouvoir cet événement. ECPM sera toujours à vos côtés pour construire ensemble les prochaines étapes vers l’abolition.

Nous sommes également très reconnaissants à tous les membres du comité académique d’avoir contribué à l’élaboration du programme riche et significatif de ce 5e Congrès régional.

Enfin, je tiens à remercier l’incroyable équipe d’ECPM, dirigée par Raphaël Chenuil-Hazan, notre directeur exécutif, Nicolas Perron, notre directeur des programmes, et Ramla Liatouji, coordinatrice du 5e Congrès régional. Ils ont travaillé d’arrache-pied pendant des mois pour faire de ce congrès un événement significatif et couronné de succès. Je tiens également à remercier les membres du conseil d’administration d’ECPM — Laurent, Marie et Richard — qui sont parmi nous aujourd’hui.

J’ai l’honneur de déclarer ouvert ce 5e Congrès régional !

Cérémonie d'ouverture du 5e Congrès régional sur la peine de mort au Japon, Université de Rissho
Cérémonie d’ouverture du 5e Congrès régional sur la peine de mort au Japon, Université de Rissho

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Couverture des Actes du 5e Congrès régional à Tokyo
Actes du 5e Congrès régional contre la peine de mort – Tokyo 2025
Communiqué de presse
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Le 5e Congrès régional sur la peine de mort en Asie de l’Est, organisé par…
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octobre 2025
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Non classé
mai 2024
À l’occasion de la visite de Xi Jinping en France, ECPM s’est entretenu avec Marie…

La Journée mondiale contre la peine de mort : moment clé pour le mouvement abolitionniste

Réel évènement de cohésion et de rassemblement de la communauté abolitionniste, en ligne ou sur le terrain, la Journée mondiale contre la peine de mort permet chaque année de sensibiliser les sphères politiques et la société civile à la thématique de l’abolition. Chaque édition arbore un thème, et depuis deux ans, l’aspect non dissuasif de la peine de mort est mis à l’honneur.

Cette année, la Journée mondiale revêtait un caractère d’autant plus symbolique car elle a été précédée de la panthéonisation de Robert Badinter la veille. Ancien Garde des Sceaux, c’est lui qui fera adopter la loi abolissant la peine de mort en France, le 9 octobre 1981.

Robert Badinter au Sénat

Afrique sub-saharienne

KENYA : LA SENSIBILISATION DE LA JEUNESSE

L’organisation Crime Si Poa, a participé grandement à la mobilisation de cette Journée mondiale, notamment en ligne. Une série de vidéos du 1er au 10 octobre a été diffusée sur les réseaux sociaux, en partenariat avec ECPM, chacune traitant d’un argument contre la peine de mort. Mettant en avant des membres de la jeunesse abolitionniste, cette présence numérique a suscité beaucoup d’interactions, menant à un débat live organisé sur TikTok. Ainsi, les jeunes ont été les premier·es touché·es par cette sensibilisation, étant les premier·es utilisateur·ices de cette plateforme, et des réseaux sociaux de manière générale.

La sortie d’un communiqué de presse a aussi accompagné les actions en ligne de Crime Si Poa.

CAMEROUN : CONFÉRENCE DE PRESSE

Au Cameroun, l’association Droits & Paix a organisé une conférence de presse sur le thème « L’abolition de la peine de mort : Le bon combat pour les religieux ».

RDC : CONFÉRENCE EN UNIVERSITÉ

La Journée mondiale a été célébrée lors d’une conférence à l’université de Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi, organisée par Culture pour la paix et la justice (CPJ) et ECPM. Sous la thématique internationale « La peine de mort ne protège personne », la conférence fut l’opportunité d’aborder un sous-thème national « Veille universitaire contre la peine de mort en République démocratique du Congo ».

Près de 150 participant·es ont répondu présent à cette rencontre, qui a été introduite par des allocutions de M. Zimango Ngama, recteur de l’Université, M. Kishabongo, juge et vice-président de CPJ et de Maître Mukuna, avocat et membre du bureau de la Coalition contre la peine de mort en RDC.

Dans le cadre inédit de cette journée mondiale accueillie dans un amphithéâtre universitaire, une leçon publique a été présentée par M. Ngoto Ngalingi, professeur et enseignant de droit pénal. Les participant·es ont pu à la fois s’informer sur le cadre légal entourant la peine de mort en RDC, la réalité de son application et les arguments abolitionnistes, mais également exprimer leurs interrogations et opinions à l’occasion d’un temps d’échanges et de débat organisé à l’issue de la présentation.

Asie

INDONÉSIE : CONFÉRENCE DE PRESSE ET TABLE RONDE

En lien avec ECPM, l’organisation KontraS a produit et rendu public son rapport annuel sur la situation de la peine de mort en Indonésie, lequel analyse et répertorie les éléments de contexte et les données relatives à son application sur la période d’octobre 2024 à septembre 2025. Cette publication est devenue un outil incontournable pour contribuer à une meilleure transparence sur le sujet et appuyer les actions de plaidoyer en faveur de l’abolition.

Sa sortie a été accompagnée par l’organisation d’une table-ronde pour discuter de ses principales conclusions. L’événement a également été l’occasion de présenter et échanger sur une note informative élaborée dans le but d’accompagner la mise en œuvre du Code pénal révisé. En effet, si le nouveau texte, qui entrera en vigueur en 2026, prévoit que les peines de mort puissent être commuées, après 10 ans d’incarcération en cas de bonne conduite, en prison à vie ou en peine de 20 ans de prison, il n’explicite pas les termes et l’application de ces dispositions reste très subjective. Pensée comme une feuille de route claire, cette note vise ainsi à favoriser plus de transparence et d’objectivité dans les décisions de condamnations à mort ou commutations de peine, dans le but de réduire le nombre de condamnations à mort et le taux de corruption alarmant dans le système pénal indonésien.

KontraS a également co-organisé une conférence de presse conjointe avec plusieurs organisations abolitionnistes indonésiennes pour commémorer cette 23e Journée mondiale.

Moyen-Orient et Afrique du Nord

MAGHREB : COMMUNIQUÉ CONJOINT

ECPM s’est associé au Réseau maghrébin contre la peine de mort pour appeler les États du Maghreb à progresser plus rapidement en vue de l’abolition de la peine de mort. Avec la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, la Coalition marocaine contre la peine de mort, l’Association mauritanienne des droits de l’Homme et la Coalition tunisienne contre la peine de mort, les organisations ont insisté notamment sur l’importance du respect des conventions internationales qui prévoient le respect du droit à la vie et l’interdiction de toute forme de torture, dont les quatre pays du Réseau sont signataires.

ARABIE SAOUDITE : COMMUNIQUÉ CONJOINT

Illustration communiqué d'ALQST pour la Journée mondiale 2025

Pour condamner le recours grandissant à la peine capitale en Arabie Saoudite, ECPM s’est associée à plus de 30 ONG dans un communiqué conjoint. Depuis début 2025, les autorités saoudiennes ont exécuté au moins 292 personnes, dont quatre femmes. Cette année devrait dépasser le sinistre record de 345 exécutions atteint l’année dernière.

Ces dernières années, [les exécutions] ont concerné de nombreux ressortissants étrangers condamnés pour des infractions liées à la drogue, des citoyens saoudiens condamnés pour avoir exprimé pacifiquement leur désaccord avec le pouvoir et un jeune homme exécuté pour une infraction qu’il aurait commise alors qu’il était encore enfant.

IRAN : DÉCLARATION D’IRAN HUMAN RIGHTS

À quelques jours de la Journée mondiale, l’Iran exécutait encore au moins 15 personnes. Depuis le début de l’année 2025, les autorités iraniennes ont ainsi procédé à au moins 1105 exécutions, dont 30 femmes, franchissant un nouveau seuil inégalé sur les trois dernières décennies.

Face à cette situation plus que préoccupante, ECPM s’est joint à son partenaire Iran Human Rights pour dénoncer l’atteinte à tous les fondements du droit international par le régime iranien.

MAROC : CONFÉRENCE DE PRESSE ET PLAIDOYER DE HAUT NIVEAU

Chaque année, ECPM et ses partenaires marocains unissent leurs voix à l’occasion d’une Conférence de presse pour la Journée mondiale, qu’ils co-organisent depuis de nombreuses années au siège du Conseil national des droits de l’Homme du Maroc (CNDH), à Rabat. Cette rencontre a permis de donner la parole à une diversité d’acteur·ices abolitionnistes nationaux et internationaux, membres de la société civile et diplomates, autour de la dynamique positive à l’œuvre au Maroc, à maintenir et nourrir en vue d’aboutir à l’abolition définitive.

Ce rendez-vous annuel primordial pour le plaidoyer abolitionniste au Maroc illustre la vigueur de son mouvement abolitionniste et est le fruit de la coopération d’ECPM avec la Coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort, l’Observatoire marocain des prisons, le CNDH et les réseaux nationaux pour l’abolition de la peine de mort (parlementaires, avocat·es, enseignant·es, journalistes, entrepreneur·es), en partenariat avec le Conseil de l’Europe.  

Quel chemin parcouru ici au Maroc ! [Nous saluons] la tendance irréversible vers l’abolition après le vote du Maroc en décembre 2024 aux Nations unies en faveur de la Résolution pour un moratoire universel et après la modification du code de procédure pénale exigeant l’unanimité des juges pour toute sentence de peine de mort.

Raphaël Chenuil-Hazan, Directeur général d’ECPM, durant son intervention prononcée au siège du CNDH, conférence de presse pour la 23e Journée mondiale, 10/10/2025

Ce fut aussi l’occasion pour Raphaël Chenuil-Hazan, aux côtés d’une délégation importante d’acteurs et actrices plaidant pour l’abolition au Maroc, d’être reçu·es par le ministre de la Justice M. Abdellatif Ouahbi, accompagné de M. Hicham Malati, directeur des affaires criminelles du Ministère de la Justice Maroc.

Ce rendez-vous a permis de souligner les avancées récentes du Maroc :

– Le vote en faveur de la Résolution de l’Assemblée générale des Nations unies pour l’instauration d’un moratoire sur l’application de la peine de mort, en décembre 2024
– L’unanimité des magistrats désormais requise pour les décisions de condamnation à mort, suite à l’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi n°03.23 modifiant le code de procédure pénale (loi n°22.01), le 22 juillet 2025
– La commutation des peines de 23 personnes condamnées à mort par grâce royale, le 29 juillet 2025
– Le vote en faveur de la Résolution du Conseil des droits de l’Homme sur la question de la peine de mort le 7 octobre 2025

Cette rencontre a également permis de porter auprès du Ministre un plaidoyer pour que le Maroc aille plus rapidement vers l’abolition de la peine de mort, notamment dans la perspective de la Réforme du Code pénal en cours.

Rencontre avec le Ministre de la Justice, Maroc, Journée mondiale 2025

TUNISIE : FORMATION DES AVOCAT·ES

La Coalition tunisienne contre la peine de mort et ECPM ont organisé un week-end de formation à destination des avocat·es des régions de Souss, Monastir, Mahdia et Kairouan du samedi 11 au dimanche 12 octobre.

L’objectif du séminaire était de souligner le rôle vital de l’avocat·e pour assurer que toutes les personnes détenues, sans discrimination ni exclusion, bénéficient des garanties d’un procès équitable et de toutes les protections prévues par la législation nationale dès le moment de la détention dans les affaires de peine de mort.

Pendant deux jours, des interventions de haut niveau ont permis aux avocat.es participant.es d’aborder différentes thématiques en lien avec leur rôle spécifique et la peine de mort. L’intervention particulièrement riche d’Hafidha Chekir, professeure émérite de droit, a été axée sur « la peine de mort dans le droit international » exposant les instruments internationaux relatifs au respect du droit à la vie et à l’interdiction des traitements inhumains. La présentation de Ferid Ben Jha, professeur émérite de droit et magistrat, a porté sur « La politique pénale de la peine de mort dans la législation tunisienne ». Chokri Latif, président de la CTCPM, a rappelé les particularités du contexte ambiant en Tunisie, particulièrement les procès impliquant de nombreux opposant·es passibles de la peine de mort et la récente affaire de Saber Chouchène, condamné à mort pour des publications sur Facebook puis relaxé grâce à la mobilisation et la pression de la société civile et de l’opinion publique. Mondher Cherni, avocat, a apporté des éléments de réflexion sur les dispositions et les procédures pénales dans les affaires de peine de mort, à l’aide d’études de cas, en insistant sur les lacunes du système judiciaire, dont l’absence systématique d’assistance juridique et d’expertise psychiatrique lors des détentions.

Les participant·es ont en outre pris part à des exercices pratiques collectifs et visionné les capsules vidéo produites en 2023 par la CTCPM et ECPM, capturant des témoignages de plusieurs personnalités tunisiennes abolitionnistes.

MAURITANIE : CONFÉRENCE MULTI-ACTEURS

À Nouakchott a eu lieu une conférence réunissant différent·es acteur·ices abolitionnistes autour d’un débat sur les peines alternatives, organisée par l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH), avec ECPM.

Réunissant près de 30 participant·es, la rencontre s’est articulée entre différents temps, alliant discussions, témoignage, interventions d’expert·es pénalistes, ainsi que projection de film – avec le visionnage de La Larme du Bourreau, retraçant le parcours d’un ancien bourreau, chargé d’exécuter des condamnés à mort, et mettant en lumière le poids psychologique, les remords, et la déshumanisation progressive vécue par ceux qui sont, eux aussi, victimes du système de la peine capitale.

LIBAN : ATELIER ACADÉMIQUE

L’Académie universitaire pour la non-violence et les droits humains (AUNOHR), l’Association Libanaise pour les droits civils (LACR) et ECPM ont organisé un atelier académique interactif, sous le thème « Penser la peine de mort à la lumière de la non-violence et des droits humains ».

L’événement a réuni, à Gemmayzé, 28 étudiant·es ainsi que des membres d’organisations de la société civile. Il s’inscrit dans le prolongement d’une initiative lancée par AUNOHR : un cours de master consacré à la lutte contre la peine capitale, fondé sur la philosophie de la non-violence, les droits humains et les recherches scientifiques récentes.

International

7e ÉDITION DU CONCOURS « DESSINE-MOI L’ABOLITION » : LES INSCRIPTIONS SONT LANCÉES !

Tous les trois ans, le concours d’affiches graphiques « Dessine-moi l’abolition » invite les jeunes agé·es de 12 à 25 ans du monde entier à mettre leur créativité au service de la lutte contre la peine de mort en réalisant une affiche graphique engagée.

Destiné à susciter l’intérêt des jeunes, notamment des collégiens et lycéens, sur la question de l’abolition universelle de la peine de morten leur proposant de faire appel à leur créativité, ce projet vise à encourager et valoriser l’engagement citoyen des jeunes.

Les inscriptions ont lieu jusqu’au 31 décembre 2025 !

Culture
octobre 2025
Tous les trois ans, le concours d’affiches graphiques « Dessine-moi l’abolition » invite les jeunes…

JEUNES AMBASSADEUR·ICES POUR L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT : PUBLICATION D’UNE TRIBUNE

Participant·es de l’atelier « Plaidoyer et sensibilisation pour l’abolition de la peine de mort » Juin 2025 · © Crédits photo : Margaux Supper, Conseil de l’Europe

Fruit du travail du programme Éduquer lors des différentes éditions de l’atelier « Plaidoyer et sensibilisation pour l’abolition de la peine de mort », en collaboration avec le Conseil de l’Europe et la Coalition allemande contre la peine de mort, le groupe des jeunes ambassadeur·ices pour l’abolition de la peine de mort s’est à nouveau mobilisé lors de la Journée mondiale.

À cette occasion, iels ont publié une tribune rappelant leur engagement pour un monde plus juste, sans peine capitale.

We, the Youth Ambassadors for the Abolition of the Death Penalty, stand united in calling for the universal abolition of the death penalty. In a time of pressing global challenges, we reaffirm that justice, human rights, and equality are non-negotiable foundations of our society. The death penalty protects no one – not society, not victims, not the marginalised or vulnerable – and has no place in a modern justice system.

L’ensemble des activités organisées par ECPM et ses partenaires internationaux ont pu être mises en œuvre grâce aux soutiens financiers de leur projet conjoint « Les voies de l’abolition : Accompagner les évolutions vers l’abolition de la peine de mort en Afrique, en Asie et au Moyen Orient » : l’Agence française de développement, la Fondation de France, la Norvège et l’Union européenne.  

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Nous, les Jeunes Ambassadeur·ices pour l’abolition de la peine de mort, la jeunesse d’Europe et…
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Pour marquer l’évènement de la 21e Journée mondiale contre la peine de mort, les équipes…

Les Congrès régionaux : une étape importante avant les Congrès mondiaux

Chaque Congrès mondial est précédé d’un Congrès régional et permet d’adresser la problématique de la peine de mort et de son abolition à l’échelle locale. Malgré une tendance mondiale qui tend vers l’abolition universelle, certaines zones géographiques restent un challenge, l’Asie de l’Est en fait partie.

En novembre 2025, l’équipe ECPM et ses partenaires vont concentrer leurs efforts à Tokyo au Japon, du 7 au 9 novembre 2025, au sein de l’Université de Rissho. L’objectif étant de rassembler les acteur·ices de la société civile, membres de la diplomatie, presse et magistrat·es, pour construire un dialogue et une stratégie commune vers l’abolition.

Au Japon, les condamnés à mort vivent dans la peur et l’isolement permanents, souvent pendant des décennies, sans savoir quand leur exécution aura lieu. Ce silence et ce secret constituent en eux-mêmes une forme de traitement inhumain. En faisant entendre leur voix à Tokyo, nous voulons que ce congrès mette en lumière la réalité humaine qui se cache derrière la peine capitale et montre que le changement est à la fois nécessaire et possible.

Yuichi Kaidō, Président du Center for Prisoners’ Rights (CPR)

La tenue de ce congrès à Tokyo est hautement symbolique. Le Japon est l’une des rares démocraties au monde à maintenir la peine de mort, mais c’est aussi un pays où la communauté juridique, la société civile et des affaires emblématiques commencent à remettre en question sa légitimité. En ouvrant le dialogue ici, aux côtés de nos partenaires de toute l’Asie de l’Est, nous voulons créer une dynamique pour un avenir sans exécutions.

Raphaël Chenuil-Hazan, Directeur général d’ECPM

La peine de mort en Asie de l’Est et au Japon : entre rétention et signes de changement

Jusqu’à présent, le Japon maintient et applique la peine de mort. Les exécutions sont menées dans le plus grand des secrets, les prisonniers n’étant informés de leur exécution que quelques heures à l’avance. Bien que l’opinion publique soit encore largement favorable à la peine capitale, des affaires très médiatisées, telles que l’acquittement d’Iwao Hakamata en 2024 après 46 ans passés dans le couloir de la mort, ont ouvert de nouveaux débats sur les risques d’erreurs judiciaires et le coût humain des exécutions. La sœur de Hakamata, Hideko, participera au Congrès.

Alors que la tendance à l’abolition de la peine de mort est assez constante dans certaines régions du globe, en particulier en Afrique, avec en moyenne une abolition par an au cours des cinq dernières années, l’Asie reste le continent où le taux d’exécutions est le plus élevé au monde. Au 1er janvier 2025, 14 pays d’Asie avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes, un pour les crimes de droit commun, six avaient instauré un moratoire sur les exécutions et 28 étaient favorables au maintien de la peine capitale.

En revanche, des signes positifs apparaissent : la Mongolie a aboli la peine de mort en 2015, la Malaisie a mis fin à la peine de mort obligatoire en 2023 et, à Taïwan, une récente révision constitutionnelle a ouvert le débat sur ses garanties.

Malgré ces avancées positives la situation de la peine de mort reste encore très complexe dans certains états. Notamment en Chine et en Corée du Nord, ou l’accès aux informations officielles concernant les condamnations et exécutions est difficile. Ces deux pays ont procédé à des exécutions en 2024. Enfin, en janvier 2025, Taïwan a procédé à sa première exécution en cinq ans, tandis que le Japon a repris les exécutions en juin, la première depuis trois ans.

Carte Asie de l'Est

Retrouver le programme :

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Les 26 et 27 mai 2023, ECPM, Anti Death Penalty Asia Network (ADPAN) et la…
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À l’occasion de la visite de Xi Jinping en France, ECPM s’est entretenu avec Marie…

« Dessine-moi l’abolition » : en quoi ça consiste ?

Tous les trois ans, ECPM (Ensemble contre la peine de mort) et le RIEA (Réseau international d’éducation à l’abolition) lancent une nouvelle édition du concours « Dessine-moi l’abolition », un projet artistique et pédagogique d’envergure internationale.

Avec le concours « Dessine-moi l’abolition », le RIEA et ses partenaires, soutenus par ECPM, entendent susciter l’intérêt des jeunes, notamment des collégiens et lycéens, sur la question de l’abolition universelle de la peine de mort en leur proposant de faire appel à leur créativité. Ce projet vise à encourager et valoriser l’engagement citoyen des jeunes de demain en leur permettant de développer une connaissance approfondie du sujet ainsi qu’un savoir-faire artistique.

Quelles sont les conditions de participation ?

  • La participation au concours est gratuite.
  • La participation au concours est ouverte aux jeunes âgés de 12 à 25 ans du monde entier.
  • Toutes les techniques sont envisageables (dessin, peinture, collage, photo, numérique, etc.).

Déroulé du concours

  • 1re PHASE : 10 octobre 2025 – 31 mars 2026 : Réalisation des œuvres

    Durant cette phase, les participant·es pourront réfléchir à la thématique de la peine de mort et s’initier à la création d’une affiche graphique. Pour les accompagner, ECPM leur fournira gratuitement des outils pédagogiques adaptés tant au sujet qu’à l’exercice demandé.

    Le dossier d’inscription est à compléter par un·e adulte référent·e (enseignant·e, éducateur·ice, responsable associatif, etc.) et à retourner par email à education@ecpm.org avant le 28 février 2026. Les affiches physiques originales ou des scans TRÈS HAUTE DÉFINITION devront être reçus à Paris avant le 31 mars 2026.

  • 2e PHASE : 1er mai 2026 : Annonce des résultats

    Un jury international, composé d’artistes professionnel·les engagé·es et de spécialistes des droits de l’homme sélectionnera les 50 meilleures affiches qui composeront l’exposition finale.

  • 3e PHASE : à partir de mai 2026 : Valorisation de l’exposition

    Les 50 affiches sélectionnées seront valorisées via la publication d’un catalogue d’exposition retraçant le déroulé du projet et remerciant l’ensemble des participant·es et partenaires. Il sera diffusé en trois langues (Français-Anglais-Arabe).

    Parallèlement, des impressions en grand format des œuvres lauréates seront exposées dans l’ensemble des pays participants. L’exposition sera également valorisée au travers d’outils de communication web et papier d’ECPM et de ses partenaires, ainsi qu’à l’occasion de grands événements abolitionnistes internationaux, à commencer par les Congrès contre la peine de mort.

Prix du concours

Parmi les 50 meilleures affiches seront attribués 3 Prix spéciaux : le Prix des internautes, le Prix du jury et le Prix de la jeunesse.

L’ensemble sera ensuite produit sous forme de catalogue et d’exposition au Congrès mondial de Paris en juin 2026, également diffusés partout dans le monde !

Modalités d’inscription

  • Le dossier d’inscription est à compléter par un·e adulte référent·e (enseignant·e, éducateur·ice, responsable associatif, etc.) et à retourner par email à education@ecpm.org avant le 31 décembre 2025.
  • Les affiches graphiques sont à envoyer avant le 31 mars 2026.

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25 ans Albert Marquès
Ⓒ Hélène Bozzi

« 25 ans, quel bel âge… Parce qu’on dit qu’à 25 ans on est assez grand pour savoir ce qu’on veut, et encore assez jeune pour croire que tout est possible. Pour moi, c’est exactement l’esprit d’ECPM, la maturité de l’expérience et la jeunesse de l’espérance. »

Ces mots d’introduction de Désislava Raoul, qui a accompagné le public tout au long de la soirée, ont donné le ton d’un événement placé sous le signe de l’émotion, de la réflexion et de la mobilisation.

Un quart de siècle d’histoire abolitionniste

Depuis 2001, ECPM agit pour un monde sans peine de mort. Vingt-cinq ans d’actions, de plaidoyer, de campagnes et de solidarités internationales que cette soirée a permis de revisiter à travers plusieurs tables rondes.

« Qu’une aussi petite structure, une aussi petite association, une aussi petite équipe, ait pu réussir d’aussi belles victoires (…) ça m’émerveille encore. »
Emmanuel Maistre, cofondateur d’ECPM

Ces échanges ont dressé un portrait vivant de l’association, retraçant son évolution à travers les témoignages croisés d’Olivier Dechaux, Emmanuel Oudar, Véronique Mary et Emmanuel Maistre pour les pionniers, et de Marie-Lina Pérez, Jeanne Maneuvrier et Ariane Grésillon pour la génération actuelle.

Aux côtés des fondateurs et de l’équipe, Maître Richard Sédillot, Maître Liévin Ngondji, Émilie Aberlen et plusieurs représentant·es du réseau d’ECPM sur le terrain ont apporté un regard concret sur l’impact des actions menées dans le monde.

Ces voix ont mis en lumière les étapes marquantes de cette aventure collective : les victoires, les doutes, et la continuité d’un engagement commun pour l’abolition universelle.

La performance artistique comme lien universel

Sur scène, Naidra Ayadi et Vincent Elbaz ont fait vibrer la salle en interprétant les grands textes de Robert Badinter, rappelant avec force les fondements moraux et universels de l’abolition.
Un hommage vibrant rendu à celui qui fut président d’honneur d’ECPM depuis sa création.

« Je regarde la marche de la France. La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l’éclat des idées, des causes, de la générosité qui l’ont emportée aux moments privilégiés de son histoire. »
Extrait du discours de Robert Badinter à l’Assemblée nationale, interprété par Naidra Ayadi

La musique et la parole se sont rejointes dans une performance inédite en France, pleine d’émotion et de solidarité. Le concert d’Albert Marquès et Kazemde George, avec la participation en direct de Keith LaMar depuis le couloir de la mort dans une prison de l’Ohio, a incarné la puissance de l’art comme acte de résistance et de lien entre les mondes.

« Je dois admettre que je n’ai appris que très récemment l’héritage de Robert Badinter… 1981, ça semble une époque lointaine. J’avais 12 ans à l’époque (…) La tragédie de notre monde aujourd’hui, c’est que des adultes conscients restent assis en prétendant ne pas comprendre ce qui est fait en leur nom. »
Keith LaMar, en direct depuis l’Ohio

Regards vers l’avenir

Vingt-cinq ans d’histoire, c’est aussi vingt-cinq ans d’amitiés, de coopération et de convictions que l’équipe d’ECPM continuera de porter chaque jour, tant qu’il le faudra, à travers le monde — notamment lors du Congrès régional de Tokyo en novembre prochain, et du prochain Congrès mondial à Paris en juin 2026.

ECPM remercie chaleureusement les équipes du Théâtre de la Concorde, ses partenaires, intervenant·es, artistes, bénévoles, et bien sûr le public, venu nombreux pour partager cette célébration.

Pour aller plus loin :

https://www.ecpm.org/nos-actions/les-congres-pour-labolition/

https://www.ecpm.org/2022/11/07/rencontre-avec-keith-lamar-condamne-a-mort-aux-etats-unis-des-gens-sont-en-train-de-mourir-alors-quils-pourraient-etre-sauves/

https://www.ecpm.org/2022/10/12/rencontre-avec-albert-marques-tout-le-monde-en-prison-devrait-avoir-la-possibilite-de-sexprimer-par-lart/

ECPM, référence mondiale du combat abolitionniste universel depuis 2000

Depuis sa création, le 10 octobre 2000, ECPM mène un plaidoyer constant et des actions de terrain aux côtés de ses partenaires abolitionnistes en Afrique centrale, au Moyen-Orient–Afrique du Nord et en Asie. À travers ses congrès mondiaux, ses missions de sensibilisation et son plaidoyer auprès des institutions internationales, l’association a contribué à faire progresser l’abolition dans de nombreux pays. Cette soirée sera l’occasion de souligner le travail exceptionnel de celles et ceux qui font vivre cette aventure citoyenne unique au monde.

Personne prenant en photo le globe gonflable

« Vingt-cinq ans après sa création, ECPM reste fidèle à son ambition initiale : faire entendre la voix des victimes de la peine capitale et soutenir sans relâche celles et ceux qui, partout dans le monde, se battent au quotidien pour mettre fin à cette pratique inhumaine. Cet anniversaire est aussi l’occasion de remercier nos partenaires de terrain, véritables artisans de l’abolition universelle »

Aminata Niakate, Présidente d’ECPM

Un hommage à Robert Badinter

Robert Badinter au Sénat
Robert Badinter au Sénat

À la veille de sa Panthéonisation, ECPM tient à saluer la mémoire de Robert Badinter, figure historique de l’abolition en France et président d’honneur de l’association pendant près de vingt-cinq ans. Son parcours et ses mots continuent d’inspirer la mobilisation abolitionniste internationale. Lors de la soirée, un temps sera consacré à la lecture de textes emblématiques de l’ancien Garde des sceaux par des personnalités engagées, comme l’actrice et réalisatrice Naidra Ayadi et l’acteur Vincent Elbaz, afin de partager avec le public la force de sa pensée et son héritage essentiel.

« Robert Badinter fut bien plus qu’un président d’honneur pour ECPM : il a été un guide, un compagnon de route et un ami. Sa voix demeure une boussole morale dans notre combat »

Raphaël Chenuil Hazan, Directeur général d’ECPM
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Un concert inédit : Albert Marquès & Keith LaMar

En seconde partie de soirée, le pianiste de jazz Albert Marquès jouera en duo avec l’américain Keith LaMar, détenu depuis plus de 30 ans dans les couloirs de la mort dans l’Ohio. Ce dernier se produira en direct depuis sa prison, offrant une performance inédite en France, où la musique et la poésie deviennent actes de résistance pour la liberté et contre l’injustice.

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Une mobilisation forte dans les mois à venir

Ce 25ᵉ anniversaire marque aussi une année à venir très intense pour l’association. ECPM jouera un rôle central dans la mobilisation abolitionniste internationale avec deux rendez-vous majeurs qu’elle organise dans les prochains mois :

  • le Congrès régional sur la peine de mort de Tokyo (7-9 novembre 2025) qui réunira plus de 250 participant.es de six pays et territoires d’Asie de l’Est (Chine, Japon, Mongolie, Corée du Nord, Corée du Sud, Taïwan), ainsi que de la Malaisie et de Singapour.
Couverture du programme pour le 5e Congrès régional contre la peine de mort à Tokyo (Japon).
  • le 9ᵉ Congrès mondial pour l’abolition de la peine de mort de Paris (30 juin-2 juillet 2026). Plus grand événement abolitionniste, il réunira dans la capitale française plus d’un millier abolitionnistes du monde entier pour faire le point sur la situation de la peine capitale dans le monde et organiser la réplique face aux régimes qui continuent de l’utiliser contre leurs populations. Aujourd’hui 55 pays la pratiquent encore.

L’association reste aussi en vigilance face aux pays où la peine de mort demeure une pratique massive et systématique comme l’Iran, avec un nombre alarmant d’exécutions, mais aussi comme les États-Unis, où les exécutions ont augmenté de façon significative dans les États rétentionnistes depuis l’arrivée au pouvoir du Président Trump. La Chine demeure également une préoccupation majeure avec des milliers de condamnations à mort chaque année, pratiquées dans le plus grand secret.

Informations pratiques

Date : Vendredi 3 octobre 2025 à 19h
Lieu : Théâtre de la Concorde – Grande Salle Joséphine Baker, 1 Av. Gabriel, 75008 Paris

Programme :

  • L’histoire d’ECPM
  • Lectures d’écrits de Robert Badinter
  • Concert en duo d’Albert Marquès & Keith LaMar (en direct depuis l’Ohio)

Entrée : gratuite, sur réservation dans la limite des places disponibles > Billetterie en ligne

Contacts presse

Ensemble Contre la Peine de Mort – ECPM
Bertin Leblanc · 07 70 11 12 43 · bleblanc@ecpm.org
Aurélie Chatelard · 06 19 92 03 31 · achatelard@ecpm.org

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Plus de 300 échanges autour de l’abolition

À travers nos activités – jeux, quiz, discussions ouvertes – nous avons pu échanger avec plus de 300 personnes sur la réalité de la peine de mort dans le monde et sur la nécessité de poursuivre le combat pour son abolition universelle.

Un stand partagé, plusieurs perspectives croisées

Comme à notre habitude, nous avons eu la chance de partager notre stand avec le collectif Libérer Mumia, et nous avons accueilli collectivement l’équipe de Prison Insider, le samedi 13. Ces moments de présence conjointe ont permis des discussions riches, confrontant différents regards et expériences autour de la justice, des conditions de détention et de la peine capitale.

Un avant-goût de nos 25 ans

La Fête de l’Huma a également été l’occasion de promouvoir un moment très spécial : la grande soirée des 25 ans d’ECPM, qui aura lieu au Théâtre de la Concorde le 3 octobre prochain ! Nous avons eu la joie d’annoncer la tenue d’une performance inédite en France : la présence d’Albert Marques sur scène, accompagné d’un live de Keith LaMar, qui assurera sa prestation depuis le couloir de la mort.

Pour réserver vos places et nous rejoindre dans cette célébration, rendez-vous sur la billetterie en ligne du Théâtre de la Concorde.

Merci à toutes celles et ceux qui sont venus discuter, jouer et débattre avec nous : chaque échange compte et nourrit notre engagement !

Portrait de Raphaël Chenuil-Hazan et Robert Badinter
Robert Badinter et Raphaël Chenuil-Hazan

Comment Robert Badinter est-il entré en lien avec ECPM ?

Entre l’abolition en France en 1981 et le début des années 2000, peu de choses étaient entreprises sur le front de l’abolition. Seul, le Conseil de l’Europe portait réellement la voix abolitionniste au niveau international et évidemment plutôt dans l’espace européen, en particulier auprès des pays d’Europe de l’Est qui sortaient tout juste de l’influence soviétique avec la chute du mur de Berlin. Avec la naissance d’ECPM le 10 octobre 2000, au travers une campagne française et internationale autour de la peine de mort aux USA et une pétition qui avait réuni plus de 500.000 signatures, Robert Badinter s’est tout de suite rapproché d’ECPM pour en devenir un soutien indéfectible. Il aura été de nos premiers rassemblements ou du 1er Congrès mondial à Strasbourg en 2001.

Robert Badinter lors d’un Congrès mondial contre la peine de mort

Quel a été son impact sur le mouvement abolitionniste mondial ?

Robert Badinter avait l’habitude de rappeler que l’abolition même si elle émane d’une décision politique courageuse, elle ne peut advenir sans l’action résolue de la société civile et des militants.

L’engagement d’ECPM à unifier et mobiliser le mouvement abolitionniste mondiale correspondait totalement à sa vision du combat pour l’abolition universelle.

Il était certes, le président d’honneur d’ECPM, mais aussi le parrain de tous les militants abolitionnistes partout dans le monde. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de l’emmener avec moi en mission au Maroc, en Tunisie, au Liban ou encore au Belarus. J’ai pu mesurer l’impact et l’aura qu’il avait auprès de publics si variés. Ici, un avocat transit d’admiration, là un ministre si respectueux et connaisseur de son parcours unique, ou encore des militants si enthousiastes demandant des signatures de ses livres ou un autographe tel un groupie.

Robert Badinter auprès d’ECPM

Je me rappelle, par exemple, ces jeunes avocats marocains faisant la queue pour pouvoir juste lui serrer la main et lui exprimer leur admiration. Il se trouve que j’ai un jour déjeuné avec l’ancien président tchadien, Idriss Deby, quand nous négocions avec lui et son ministre de la justice l’abolition au Tchad. Une grande partie de notre discussion porta sur 1981 et Robert Badinter, car il se trouvait justement en France à cette date. Il était un ami intime de l’ancien juge de la Cour suprême des États-Unis, Stephen Breyer. Encore tout dernièrement, il y a quelques mois au Japon et en Corée du Sud, j’ai été impressionné par le nombre de personnes qui m’ont parlé de lui d’avocats illustres ou de parlementaires. Il était pour toutes et tous un modèle unique.

Portrait de Robert Badinter
Badinter, « une boussole dans le brouillard » – Prison Insider

L’ancien ministre de la Justice raconté par Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et ami.

Comment votre amitié a-t-elle évoluée au fil du temps ?

En devenant directeur général d’ECPM en 2009, ma première tâche aura été d’aller me présenter à Robert dans son appartement près du jardin du Luxembourg. Dès cette première rencontre, nous avons réussi à créer un lien fraternel nécessaire au développement d’ECPM et de notre combat pour l’abolition mondiale. Nous partagions notre amour de la République et de la laïcité, nous nous sommes tout de suite plu. À partir de ce jour, nous nous sommes vus tous les deux mois (ou plus) pour faire le point des actions d’ECPM et aborder avec lui des stratégies et des ambitions à avoir. Il écoutait, il échangeait, il partageait dans une humilité incroyable pour l’homme qu’il était au regard de son expérience de terrain et d’action de tant d’années.

Au-delà notre engagement, tant de choses nous réunissait. Je crois avoir réussi durant ces 16 années à le côtoyer quotidiennement, à avoir créé une relation de confiance forte et incroyable. Il était devenu un vrai ami, pour qui j’avais évidement de l’admiration mais aussi de la fraternité. Dans les derniers mois de sa vie, il était très inquiet de la situation du monde, de la montée extraordinaire de l’antisémitisme, des reculs sur le front des droits de l’homme partout. Nous nous sommes beaucoup vu et durant de longues heures malgré sa fatigue. Cette angoisse, l’amenait à me questionner sur mille et un sujet de l’actualité brulante pour prendre le pouls de la société dans laquelle il vivait, mais du fait de son grand âge, se sentait parfois en décalage. Il ne sortait plus beaucoup et bien sûr n’avait pas de réseaux sociaux. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir un avis aiguisé et juste sur le sujet. Il était très clairement pour moi, devenu un « père » si ce n’est spirituel, militant et intellectuel.

Que nous dit son héritage dans le monde d’aujourd’hui ?

Nous sommes les « enfants abolitionnistes » de Robert Badinter. ECPM continue le combat de Robert pour une abolition universelle totale. Cet internationalisme se fonde dans l’idée que l’abolition de la peine de mort se situe au même niveau que l’abolition de l’esclavage, de la torture ou d’autres combats fondamentaux comme la lutte pour l’égalité hommes-femmes ou contre le colonialisme.

9 octobre 2025 : Robert Badinter entre au Panthéon

Le 9 octobre 2025, Robert Badinter entrait au Panthéon devant une foule nombreuse venue rendre hommage à ses nombreux combats pour les droits humains et la justice. ECPM était évidemment mobilisée pour l’événement à travers sa direction, ses équipes, ses membre du comité d’administration et ses bénévoles.

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Audience du concours de plaidoirie, Maroc, 2025

La compétition d’éloquence a réuni un total de 58 participant·es, parmi lesquels 16 candidat·es passionné·es par la défense des droits humains et un jury prestigieux composé de 4 membres éminents, sensibles à cette thématique essentielle : Mme Samira Ainane, magistrate, M. Aziz Rouibeh, bâtonnier, M. Abderrahmane Allali, bâtonnier, M. Mohammed Benslimane, avocat.

L’atmosphère était à la fois solennelle et empreinte d’un engagement profond. Les candidat·es ont travaillé à partir d’un jugement qui avait été rendu il y a plusieurs années. Ils ont exposé leurs arguments juridiques et humanistes contre la peine capitale avec éloquence et conviction.

Le jury a eu la responsabilité d’évaluer la pertinence des arguments avancés, la clarté de l’expression, la force de persuasion et la profondeur de la compréhension des enjeux liés à l’abolition de la peine de mort. À l’issue de délibérations éclairées, les résultats ont mis en lumière l’éloquence et la rigueur juridique de plusieurs orateurs et oratrices :

  • La première place a été décernée à Maître Hamza Krikez, représentant le Barreau de Tanger, pour sa plaidoirie particulièrement persuasive et sa maîtrise des arguments abolitionnistes.
  • La deuxième place est revenue à Maître Ismail Bouhemmou du Barreau de Tétouan, dont la clarté de l’analyse et la force de conviction ont marqué les esprits.
  • La troisième place a été attribuée ex-æquo à Maître Fatima Zahra Allali du Barreau de Khouribga et à Maître Mustapha Ifkiren du Barreau d’Agadir, soulignant la qualité des plaidoiries en faveur du respect de la vie humaine.

Afin de reconnaître leur engagement et leur talent, des trophées ont été remis aux lauréat·es, tandis que des médailles et des attestations de participation ont été distribuées à tous les candidat·es et aux membres du jury. Cette reconnaissance a également honoré le Réseau des avocats et la Faculté pour leur rôle essentiel dans l’organisation de cette rencontre.

Cet évènement a non seulement mis en évidence les compétences oratoires et juridiques de jeunes avocat·es engagé·es, mais il a également servi de plateforme essentielle pour sensibiliser à l’importance de l’abolition de la peine capitale et pour encourager une réflexion approfondie sur le respect inconditionnel du droit à la vie.

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