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La place des Émeutes de Stonewall

Plaque de commémoration des émeutes de Stonewall, dans le 4ème arrondissement de Paris.© Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0

Un symbole de la lutte pour l’égalité des droits LGBT à travers le monde

« Quand Stonewall est arrivé, beaucoup de personnes se sont découvertes militantes ». – Fred Sargeant, (activiste franco-américain pour les droits LGBTQIA+), 19 juin 2019.

Biographie

C’est dans la nuit du 28 au 29 juin 1969 à New York, qu’a lieu l’événement considéré comme point de départ de la lutte des droits des personnes LGBTQIA+. C’est dans la nuit du 28 au 29 juin 1969, à New York, qu’éclatent les émeutes de Stonewall, considérées comme un mouvement fondateur de la lutte contemporaine pour les droits des personnes LGBTQIA+.  

Situé dans le quartier de Greenwich village, le Stonewall Inn fait partie des lieux de  rassemblement des personnes considérées en marge de la société dans le contexte homophobe des années 1960. Dans ce bar géré par la mafia, où les descentes de polices sont monnaie courante, les tensions montent, d’autant plus lorsque les personnes arrêtées portent «  des vêtements habituellement réservés aux personnes du sexe opposé  ».

Dans la nuit du 28 juin 1969, une nouvelle descente de police provoque une résistance inhabituelle. Une foule se rassemble devant le Stonewall et les tensions les forces de l’ordre s’intensifient. L’émeute débute après l’interpellation de Stormé DeLarverie, figure emblématique de la lutte pour les droits des minorités sexuelles.

Dans les semaines et les mois qui suivent le soulèvement, des militants et militantes new-yorkais mettent en place des espaces de dialogues et créent des associations pour défendre leurs droits.

Un an plus tard, en juin 1970, des marches commémorant les évènements de Stonewall sont organisées dans plusieurs villes américaines, notamment à Los Angeles et New York, avant d’être reprises dans de nombreux pays les années suivantes.

Cinquante ans plus tard, en avril 2019, la mémoire de Stonewall trouve un nouvel écho à Paris. À l’occasion de cet anniversaire, la Ville de Paris donne le nom de « place des Emeutes de Stonewall » à un espace situé dans le Marais, quartier historiquement associé aux mobilisations et à la vie LGBTQIA+ parisiennes.

Située à proximité du square Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, dans le 4e arrondissement, la place est inaugurée le 19 juin 2019 par Anne Hidalgo, maire de Paris. Elle accueille également un hommage à Gilbert Baker, militant américain pour les droits civiques et créateur du drapeau arc-en-ciel en 1978, devenu l’un des symboles internationaux du mouvement LGBTQIA.

Aujourd’hui encore, 12 pays appliquent encore la peine de mort pour homosexualité et 61 pays criminalisent les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe. 

Derrière ces chiffres se cache également une réalité difficile à documenter. Dans certains contextes, les accusations de viol, de corruption ou de trafic de drogue peuvent servir de prétexte à des condamnations, alors que la persécution est en réalité liée à l’orientation sexuelle des personnes concernées. Cette criminalisation s’inscrit parfois dans des contextes politiques, religieux ou historiques, notamment liés à la colonisation.

Comme le soulignait Aminata Niakaté, présidente d’ECPM de 2020 à 2026[1] :


« Les lois qui condamnent à mort l’homosexualité sont pour beaucoup issues d’un héritage colonial, britannique notamment. »


De New-York à Paris, la mémoire des émeutes de Stonewall rappelle le chemin parcouru, mais aussi la persistance des persécutions subies par les personnes LGBTQIA dans le monde.

[1] Propos recueillis par Alix Ibar pour le podcast « Abolition » produit par ECPM et Nuits Noires