Kenya : retour sur le premier séminaire régional sur l’abolition de la peine de mort en Afrique de l’Est


14 juin 2022

Les 30 et 31 mai 2022, à Nairobi, ECPM et Crime Si Poa, association kenyane partenaire de l’événement, ont organisé un séminaire régional et multi-acteurs sur la peine de mort, avec une attention particulière portée sur l’Afrique de l’Est. Il s’agissait du premier événement du genre dans la région.

Ce séminaire multi-acteurs avait pour but d’organiser un échange entre les acteurs abolitionnistes de six pays différents : Kenya, Ouganda, Tanzanie, Cameroun, République démocratique du Congo (RDC) et Sierra Leone.

 

Mis à part la Sierra Leone qui a aboli en octobre 2021, les pays représentés sont en moratoire de longue durée et n’ont pas encore pris les mesures finales en vue de l’abolition de la peine de mort, même si des avancées positives ont été constatées. En Afrique de l’Est, le chemin vers l’abolition est timide mais présent. Il était donc important de mettre en avant les acquis au Kenya (abolition de la peine de mort obligatoire en 2017 malgré un retour en 2021 qui a rendu cette abolition partielle), en Tanzanie (commutations en décembre 2020) en Ouganda (abolition de la peine de mort obligatoire pour certains crimes en 2019, dont la loi antiterroriste) et de discuter des stratégies à adopter pour développer les stratégies abolitionnistes dans la région. Afin d’alimenter les discussions et d’échanger les expériences, des exemples d’actions entreprises dans d’autres parties du continent ont été présentés par nos partenaires africains – en particulier nos partenaires de la RDC et du Cameroun, avec qui ECPM travaille depuis de nombreuses années.


Les intervenants invités représentaient les principaux acteurs de l'abolition de la peine capitale : parlementaires, institutions nationales des droits de l'homme, représentant.es de la société civile, acteurs et actrices de la chaîne pénale, anciens condamnés à mort, mais aussi la jeune génération qui a pour mission de poursuivre le combat pour l'abolition.

Pendant deux jours, les 50 participants et participantes ont pu échanger sur la situation particulière de leur pays ainsi que sur différentes thématiques, notamment celles de la peine de mort obligatoire, des conditions de détention ou encore de la peine de mort et l’impunité, du manque de transparence ou de l’utilisation de la peine capitale comme outil politique.


Le travail des avocat.es et des juges a été mis en avant ainsi que le rôle primordial des autorités politiques telles que les parlementaires et les institutions nationales des droits de l’homme.

Ce séminaire a permis l’établissement de 5 feuilles de routes, une par type d’acteurs représentés (jeunesse, INDH, parlementaires, la société civile et les avocats) établissant les mesures à prendre par ces acteurs dans leur pays ou au niveau régional afin d’avancer vers l’abolition.

À cette occasion, le Forum des parlementaires africains sur l’abolition de la peine de mort a été créé par les parlementaires ougandais, tanzaniens, kenyans, camerounais et congolais.

Cet événement s’est achevé par une intervention de la délégation kenyane de l’Abolition Now Tour, un groupe de jeunes entre 18 et 35 ans qui a présenté à l’assemblée ses actions de plaidoyer et sensibilisation. Ces activités sont menées dans le cadre d'un projet qui sera présenté au Congrès mondial contre la peine de mort à Berlin en novembre 2022.


En outre, cela a été l’opportunité pour ce groupe de jeunes d’échanger avec les participant.es sur les différents défis auxquels ils seront confrontés en tant qu’activistes abolitionnistes - établissant ainsi un dialogue entre les experts et la jeune génération.

 

>> Pour plus d'informations sur la situation de la peine de mort dans les États d'Afrique de l'Est, rendez-vous sur notre carte interactive : www.ecpm.org/la-peine-de-mort-dans-le-monde

Photos et vidéo: Crime Si Poa

Événement organisé dans le cadre du projet "Ensemble pour l’abolition de la peine de mort en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est" avec le soutien financier de l'Union européenne, de la Norvège, de l'AFD et de la Fondation de France