Participation d’ECPM à la 62e session de la CADHP


4 mai 2018

Du 25 au 27 avril 2018, ECPM a participé à la 62ème session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) qui se tenait à Nouakchott, sur invitation de la Mauritanie.


La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du Président de la République mauritanienne.


En marge de cette session, ECPM a organisé un side-event sur la peine de mort en Afrique du Nord sur le thème « Du moratoire à l’abolition ». Les intervenants – Chokri Latif, président de la Coalition tunisienne contre la peine de mort (CTCPM) ; Mohamed Ahdaf, membre de la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) ; Fatimata M’Baye, présidente de l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH) – ont présenté la situation de la peine de mort dans leurs pays respectifs et exposé les opportunités et les obstacles dans le passage d’un moratoire à l’abolition définitive. Ils ont notamment évoqué l’utilisation de la peine de mort comme un instrument politique, le lien entre pauvreté et peine de mort et la pression conservatrice de plus en plus forte comme obstacle à l’abolition de la peine de mort. Ce side-event a réuni une trentaine de participants, représentants d’ONG d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne ; d’ONG internationales ; de représentants d’INDH.


Le 27 avril 2018, la Coalition mondiale contre la peine de mort, la FIACAT, la FIDH et ECPM ont co-organisé un panel sur la peine de mort en Afrique, dans le cadre de la session. Ce panel avait pour objectifs de d’identifier les obstacles à l’abolition de la peine de mort en Afrique subsaharienne. Teresa Mutua (ICJ Kenya), Ariyo Popoola (LEDAP Nigeria), Fatimata M’Baye (AMDH) et Paul Angaman (FIACAT) sont intervenus sous la présidence de Sylvie Kayitesi, présidente du Groupe de travail sur la peine de mort. Les différentes interventions ont porté sur le bilan et les perspectives à la suite du Congrès régional d’Abidjan, la situation de la peine de mort au Nigeria et en Mauritanie et le rôle du Protocole africain dans le processus d’abolition sur le continent.


Enfin, ECPM, la CTCPM et la CMCPM ont préparé une intervention orale portant sur l’application du moratoire, les condamnations à mort et les conditions de détention des condamnés à la peine capitale dans les pays d’Afrique du Nord. Elles ont fait des recommandations pour appeler ces États à aller vers l’abolition.


ECPM participait pour la première fois à la session ordinaire de la CADHP après avoir obtenu le statut d’observateur en 2017. Cela lui a permis de mieux appréhender le fonctionnement de ce mécanisme qui a un rôle à jouer dans le chemin vers l’abolition sur le continent. Dans la continuité du Congrès d’Abidjan, cela a permis d’inscrire la thématique à l’agenda et de parler du sujet au sein des instances africaines. L’organisation du side-event et du panel, ainsi que la présence de la CTCPM et de la CMCPM, ont conduit à une diversité d’échanges toujours plus importante, et à fédérer les acteurs abolitionnistes à tous les niveaux, notamment au niveau régional. Ces résultats sont au cœur de l’action d’ECPM.