Les inégalités liées à la peine de mort inscrites dans les priorités de l’ONU


26 septembre 2018

Ce 25 septembre 2018 se tenait à New York, au siège de l'ONU, une réunion clé sur les enjeux actuels de la peine de mort, en parallèle de la 73ème session de l'Assemblée générale de l'ONU (UNGA 73). La peine de mort y était particulièrement abordée à travers le spectre de la pauvreté et du droit à la représentation légale.

En présence des représentants de l'Italie, du Brésil, du Burkina Faso, de France et du Timor oriental, qui parrainaient l'événement, auxquels se joignaient ceux de d'Espagne, de Belgique, de l'Union Européenne, d'Ukraine, du Kenya, de la Côte d’Ivoire et du Vatican, Michelle Bachelet a appelé "tous les Etats à démontrer leur attachement à l’abolition universelle de la peine de mort".

"Le droit international des droits de l'homme appelle à l'abolition de la peine de mort, car elle considère la peine elle-même comme une violation des droits. Mais le droit international des droits de l’homme s’oppose également à l’inégalité dans l’application de la peine de mort."


Lire la déclaration complète de Michelle Bachelet : Poverty makes people especially vulnerable to injustice, Death Penalty: Poverty and the Right to legal Representation


Cette déclaration inscrit l'abolition universelle de la peine de mort comme condition sine qua non au bon respect des droits humains, tels qu'inscrits dans les objectifs de développement durables à l'horizon 2030 ("The Sustainable Development Goals"). Ce plan global, adopté par les Etats membres il y a trois ans, vise en effet à assurer "la dignité, la paix et la prospérité pour les peuples et la planète, maintenant et dans le futur".

La peine capitale est citée comme exemple emblématique de la manière dont les déséquilibres dans l’application de l’état de droit affectent les plus pauvres, segment de la population mondiale pour qui les besoins exprimés dans ces objectifs sont le plus urgents.


Un puissant témoignage, celui de Ndume Olatushani, est venu appuyer ces idées. Après avoir passé 28 années en prison aux États-Unis, dont 20 dans le couloir de la mort, pour un crime qu'il n'a pas commis, Ndume porte aujourd'hui la parole de ceux qui, comme lui, ont été victimes d'une justice qui marginalise les pauvres ou les minorités. "Je n'ai jamais croisé une seule personne riche en prison; ils étaient tous comme moi. Il est de notre responsabilité de s'assurer que ce qui m'est arrivé n'arrivera plus à personne" a t-il déclaré. Très engagé dans le combat contre la peine de mort depuis sa sortie de prison, Ndume avait été un véritable socle lors du précédent Congrès mondial contre la peine de mort à Oslo en 2016, expérience sur laquelle il revenait lors d'une interview pour ECPM.


Le siège new-yorkais de l'ONU vibre sous l'effet de la dynamique abolitionniste. Le Directeur d'ECPM, Raphaël Chenuil-Hazan, rebondit sur le débat en réaffirmant à ses interlocuteurs les grandes valeurs sur lesquelles se fonde le combat de l'association. Il en profitera aussi pour inviter tous les décideurs présents à prolonger leurs réflexions lors du prochain Congrès mondial contre la peine de mort, qui se tiendra à Bruxelles du 27 février au 1er mars 2019.



Lire le discours de Raphael Chenuil-Hazan à l'Assemblée Générale de l'ONU

Retrouvez les interventions de Ndume Olatushani et Raphaël Chenuil-Hazan, sur la WebTV de l'ONU. (N. Olatushani est à 55:50 et R. Chenuil-Hazan à 1:17:20).

Regardez l'interview "3 questions à Ndume Olatushani" par ECPM


Images : captures d'écran © UN WebTv