Coupe du monde de basket 2019 : la Chine championne du monde des exécutions


3 septembre 2019

Ce samedi 31 août 2019 a marqué le coup d’envoi de la 18e édition de la coupe du monde de basket (FIBA). La compétition se déroule en Chine jusqu’au 15 septembre, pour le plus grand plaisir des adeptes de ce sport.

MAIS, pour ECPM et la communauté abolitionniste, il y a un hic : derrière cette façade récréative, la Chine se révèle être la championne du monde des exécutions de condamnés à mort. Et ce malgré le fait qu’elle ne communique pas ouvertement ses chiffres.

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Si certains travaux de recherche et quelques avancées légales ont eu lieu depuis 2010, on estime toujours que la Chine aurait exécuté plus de 1000 personnes en 2018. Ce nombre impressionnant fait d’elle la championne du monde des exécutions.

Rejoignez ECPM pour nous aider à changer les règles et mettre fin à la peine de mort en Chine et dans le monde.

Lors du 7e congrès mondial de Bruxelles, l’association the Rights Practice a tenu une conférence sur le thème de la peine de mort en Chine. Spécialiste du sujet, elle a fourni de nombreuses informations et recommandations aux abolitionnistes rassemblé.e.s. En voici une synthèse :

La peine de mort est une arme politique.

La République populaire de Chine se sert de la peine de mort comme d’un moyen de répression face à l’opposition (politique, ethnique, culturelle, etc.).

Les recherches sur la peine de mort sont peu effectuées.

Pour mieux comprendre un sujet, et donc pour mieux le contrer, il faut avoir des connaissances. Hors, la plupart des informations sur la peine de mort sont classées secrètes. Personne n’y a accès, y compris les avocats, procureurs et juges qui travaillent sur le sujet. Difficile donc de bien effectuer son travail dans ces conditions.

Les lois internationales ne sont pas citées et peu connues.

Pour les quelques avocats, juges et chercheurs qui ont réussi à rassembler des informations sur ce qu’il se passe à l’étranger, impossible de les utiliser en tribunal ! En effet, les juges n’acceptent souvent pas ces exemples.

Les avocat.e.s de la défense sont très mal vu.e.s, particulièrement lorsqu’il s’agit de la peine de mort.

Traité.e.s comme des adversaires par la police, le parquet et les tribunaux, elles.ils n’ont pas accès à tous les éléments du dossier. Les juges rejettent souvent leurs arguments sans explications. La pression du public sur les autorités signifie également que les avocat.e.s qui comparaissent pour défendre un.e (futur.e) condamné.e à mort peuvent être eux-mêmes menacés.

Les ONG ont très peu de marge d’action.

Les autorités chinoises se méfient des ONG et surveillent de près leurs actions sur le territoire. Bien sûr, cela complique aussi la prise d'informations sur place.

Retrouvez l’article de The Rights Practice dans les Actes du 7e congrès mondial contre la peine de mort de Bruxelles qui sortiront en ligne le 12 septembre prochain.