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En Afrique, tribune pour une stratégie abolitionniste commune


16 novembre 2018

« L’immense succès du Congrès africain contre la peine de mort qui s’est tenu à Abidjan en avril 2018 conforte nos espoirs de faire de l’Afrique le prochain continent abolitionniste ! » La 63e session de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP) qui a eu lieu fin octobre à Banjul, en Gambie, a été l’occasion pour notre partenaire Maître Nestor Toko Monkam, de se réjouir des progrès du mouvement abolitionniste africain, mais aussi, de souligner l’importance de fédérer les efforts des abolitionnistes du continent.




Cliquez sur l'image pour visionner le discours de notre partenaire, Nestor Toko Monkam, Président du Réseau des Avocats Camerounais contre la Peine de mort et avocat au Barreau du Cameroun, représentait ECPM lors de la 63e session de la CADHP.


Retrouvez sa déclaration en PDF





Parmi les progrès à souligner, ceux du Burkina Faso, plus récent pays avoir supprimé la peine de mort de son code pénal pour les crimes de droit commun en mai 2018, devenant ainsi le 21e pays d’Afrique subsaharienne à abolir la peine de mort (au total, 24 pays ne la pratiquent plus, bien qu’elle soit encore en vigueur).

La Gambie a quant à elle ratifié le Second protocole facultatif (OP2) au Pacte international relatif aux droits civils et politiques en septembre 2018. Un pays qui montre d’ailleurs l’exemple en franchissant une à une les étapes vers l’abolition : le 13 novembre, elle a voté en faveur de la résolution de l’ONU pour un moratoire universel (alors que deux ans auparavant, elle se positionnait contre). Espérons qu’elle continue sur sa lancée et que, comme le Burkina Faso, elle abolisse la peine de mort dans sa législation nationale et commue les condamnations à mort.

Car, si seulement 12 États africains continuent de recourir aux exécutions, 22 sont en moratoire de fait et continuent pourtant de prononcer des condamnations à mort. C’est le cas du Cameroun, où au moins 225 personnes se trouvent aujourd’hui dans les couloirs de la mort, qui plus est, dans des conditions de vie inhumaines : leur droit à un traitement digne en détention, tel que défini, entre autres, par les règles Nelson Mandela, est régulièrement bafoué.

« La situation de moratoire de fait est par définition instable ; elle n’empêche pas les exécutions de pouvoir reprendre à tout moment et place les condamnés dans une situation d’attente indéfinie d’une mort annoncée, pouvant induire des souffrances physiques et psychologiques » précise notre partenaire.

Face aux enjeux qui secouent encore l’Afrique, les différents acteurs abolitionnistes (États, société civile, institutions internationales, etc.) doivent faire preuve de solidarité pour dresser des stratégies abolitionnistes communes. Pour les accompagner vers ces différentes étapes, ECPM a organisé le Congrès régional contre la peine de mort à Abidjan, en Côte d'Ivoire, en avril 2018. L’association poursuivra son action lors du 7e Congrès mondial contre la peine de mort, qui se tiendra du 26 février au 1er mars 2019 à Bruxelles, en Belgique.



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